D’une vie bourgeoise à une vie d’artiste:Jellal Ben Abdallah

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C’est au 9 boulevard Bab Menara, dans le vieux Tunis, que débute le destin peu commun de Jellal Ben Abdallah. Dès sept ans, il montre des aptitudes au dessin et exerce ses talents sur les portes et les murs de sa chambre. Mû par une nécessité impérieuse de peindre et bravant l’interdiction paternelle de s’y adonner, il dessine au dos de ses cahiers d’école et redécouvre ainsi l’art de la miniature persane sans l’avoir jamais connue. A 13 ans, première exposition en herbe avec Hatem El Mekki dans l’arrière-boutique d’un cordonnier. A seize ans, toujours à l’insu de ses parents, il expose au café Baghdad et la critique unanime finit par avoir raison des réticences paternelles : Le jeune Jellal peut enfin travailler au grand jour à forger sa manière propre. En 1939, au décès de ses parents, il s’installe définitivement à Sidi Bou Saïd et s’y enferme, comme Vermeer à Delft, et décide de vivre pour sa peinture. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries et fréquente les grandes figures littéraires du moment, comme Ali Douagi et les membres du groupe Taht Essour, ainsi que les peintres avec qui il formera plus tard l’Ecole de Tunis. En 1948, il remporte le premier prix de Tunisie de peinture, ce qui lui ouvre les portes de l’Europe. Il entame alors une série de voyages qui le mèneront à Paris, Rome, Venise et Stockholm et peut enfin confronter son art à la grande peinture occidentale. Ben Abdallah devient ainsi tour à tour graveur, sculpteur, céramiste, mosaïste, architecte, poète, musicien et décorateur de théâtre mais c’est à la peinture que va sa préférence. En 1953, en dépit du succès qu’il connait en Europe, il s’installe en Tunisie pour mieux s’enraciner dans le terroir qui fera sa spécificité. Néanmoins, de la miniature à la fresque, les influences méditerranéennes et les références à l’art gréco-romain deviendront désormais omniprésentes dans son œuvre. A l’aube des années 70, il parvient à sa facture classique qui connait un grand succès commercial et reçoit de nombreuses commandes pour des établissements publics. On considère que le peintre tunisien aura réalisé quelques 7000 œuvres dont beaucoup, ayant été acquises par des étrangers, se sont éparpillées sur les cinq continents. Ben Abdallah peint ainsi depuis 80 ans un tableau qui ne veut pas finir et parvient à inventer un monde pictural où les souvenirs mêlés aux rêves forment un fertile réseau d’ambigüités et de contradictions: jellalbenabdallah.com

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