Hammam Lif : une ville au passé historique

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Hammam-lif (prononcée hammam-al-anf), est la ville côtière de la banlieue sud de Tunis chère au coeur des tunisiens. Connue dans l’Antiquité sous le nom de « Naro » , son nom punique, puis d’ « Aquae Persianae », le lieu est rebaptisée « Hammamat El Jazira » (bains de la péninsule) après la conquête arabe. Elle prendra enfin le nom de « Hammam Lif », mot formé des termes hammam et anf (nez) en référence aux sources guérisseuses, principalement des infections liées aux problèmes respiratoires.

Hammam-Lif se trouve au pied du mont Bou-Kornine, dont le sommet atteint une altitude de 580 m et sur lequel les ascensionnistes se réjouissent de la vue qui leur est offerte à cette altitude pour admirer le panorama qui se déploie à perte de vue et dans lequel on découvre d’un côté la plaine du Mornag, et de l’autre : Tunis, Carthage, La Goulette, Sidi-bou-Saïd, La Marsa, et le golfe d’Hammamet, le Cap-Bon.

 

Du temps des carthaginois

 

A l’origine du site était une source chaude et bienfaisante, naissante des profondeurs de la montagne de Bou-kornine, qui domine la vallée Hammam-lifoise.

Hammam-lif, en ces temps, n’était pas d’une aussi grande importance que celle de MAXULAS (Radès). Ceci est peut être dû aux historiens, qui se sont concentrés sur la capitale de Carthage, et sur d’autres grandes villes commerciales comme Utique, Hadrumette.

Elle s’appelait NARO !
Dans son « Histoire antique de l’Afrique du Nord », on apprend que la ville d’Hamma-lif s’appelait NARO et qu’elle était un simple petit port de pauvres pêcheurs. La traduction de ce mot d’après la langue phénicienne, n’est pas si éloignée de l’arabe: elle signifiait le feu. Ce nom est dû à ce que NARO était connue par ses eaux thermales ; mais elle était moins connue que Korbous qui a accueilli, quelques années plus tard, l’aristocratie romaine.

De nombreux vestiges de constructions romaines, notamment à Henchir-si-Ben-Nour et à La Seballa-el-Bey, indiquent l’attraction qu’a produit ce petit centre sur les légions romaines.

Sur l’une des cornes de la montagne, il y avait un temple en l’honneur de BAAL KORNIUS (Dieu des cornes). Malheureusement, à l’époque de l’arrivée des romains en Ifrikia , l’ordre a été donné à Scipion l’Africain de raser tout ce qui rapportait à Carthage, et ce temple a été démoli à ras.
Le temple constituait une bonne position militaire. De même la ville a veillé à prévenir la capitale à se préparer contre les évasions des insurgés des mercenaires venues du Cap-Bon ou des berbères du côté de Zaghouan.

Les eaux d’Hammam-Lif, connues dans l’antiquité sous le nom d’«Aquoe Persianoe», jouissaient d’une très grande réputation dans le pays. Elles devaient le renom à Julius Perscus, fermier des quatre contributions indirectes de la province d’Afrique, qui avait fondé l’établissement thermal.

 

Du temps du Bey, Ali Pacha

 

Hammam-lif a toujours été une terre d’accueil depuis l’arrivée des phéniciens mais pendant la période arabe, le site n’est guère fréquenté.

Ce n’est qu’au milieu du XVIIIè et ce n’est que vers 1750 qu’Ali Pacha fait construire, pour son usage personnel, un pavillon au voisinage immédiat de l’une des sources qui prend le nom d’Aïn El Bey.

Il fait aussi édifier des installations pour les voyageurs et les malades à proximité de la seconde source appelé Aïn El Ariane. En 1826, Hussein II Bey fait construire, à côté du pavillon, une résidence pour y habiter avec sa famille et sa cour pendant une partie de l’année. Cette résidence assez modeste est à l’origine du palais beylical dont certains souverains régnants feront leur résidence d’hiver, tout en conservant l’usage des eaux d’Aïn El Bey. L’autre source sert donc à alimenter les établissements à usage public.

Depuis lors, la station d’Hammam-Lif attire pendant la saison d’été de nombreux tunisois qui fréquentent sa belle plage et toute l’année son établissement thermal alimenté par les sources d’eau chaudes purgatives d’Aïn-el-Bey et d’Aïn-el-Ariane. Elles renferment des iodures en petite quantité et elles offrent deux éléments thérapeutiques : leur minéralisation et leur thermalité. Elles sont considérées comme très efficaces contre les rhumatismes, les affections cutanées, nerveuses et scrofuleuses.

Un beau casino et de nombreuses villas y ont été édifiés.

La municipalité de Hammam Lif est créée par le décret du 9 mars 1893.
En mai 1943, des violents combats entre les troupes alliées et celles de l’Axe, battant en retraite vers le cap Bon, éprouvent durement la population civile.

 

Découvrez cette sélection de superbes photos historiques de la ville :

Source : Le site officiel de Hammam Lif

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