Aoula’ عولة’ : le patrimoine immatériel de nos aïeules

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Docteur Hager Karoui dont la plume est rêveuse mais ancestrale nous livre un essai autour de la ‘Aoula’ en dialecte tunisien qui est une sorte de tradition perpétuée par nos grands mères pour faire des provisions pour la saison hivernale et l’année au complet.

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Autrefois, les femmes, pendant l’été, préparaient leur réserve alimentaire annuelle dénommée « Aoula » afin de pouvoir faire face à l’hiver. Elles réunissaient la famille et faisaient appel à des paysannes pour moudre le blé qui était passé au travers des mailles de tamis de différentes grosseurs. Une fois le son séparé de la graine, on pouvait obtenir toutes sortes d’épaisseur de semoule. La semoule fine servait à faire la Mhamssa, la grosse à faire le couscous. Ce dernier était cuit à la vapeur puis comme la Mhamssa , étalé sur des draps blancs étendus au soleil sur les terrasses. C’est pour cette raison que le couscous est appelé « Coussksi Chemch » (couscous de soleil). Ils étaient ensuite placés dans des sacs et conservés dans des garde-manger. Les maîtresses de maison avaient pour tâches d’exécuter les provisions de légumes, tomates et piments (qui servaient pour la fabrication de la Harissa). Une fois séchés, ces légumes étaient enfilés en guirlandes sur un petit cordon. Les vieilles femmes étaient occupées à rouler entre le pouce et l’index les Helalem également séchés au soleil. Les hommes préparaient les olives qu’ils cassaient avec le pilon pour les mettre dans des jarres contenant de l’eau et du sel. Tout pouvait être préparé lors de la « Aoula » : la Bsissa, les feuilles de Brick, le Kadid, les merguez, les confitures… Le temps de la « Aoula » créait une ambiance et une entraide amicale entre tous les voisins et soudait les liens familiaux. Ces occasions permettaient aux femmes d’échanger des nouvelles et de se connaître. C’était ainsi que l’on jugeait le caractère des filles par leur travail et leur enthousiasme. A chaque étape du travail, la maîtresse de maison servait de la nourriture et pendant les pauses, offrait du thé.

 

 

Par Docteur Hager Karoui 

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