Au cœur de Halfaouine : récit autour de la Mosquée Sahab Ettabaâ

0 172

Un récit de Khaled Hizem

Si, au sein de son quartier européen, Tunis possède une notable architecture chrétienne, illustrée par des églises appartenant au catholicisme, à l’orthodoxie (grecque et russe), ainsi qu’au protestantisme, la capitale tunisienne présente, à travers sa vieille médina et ses faubourgs septentrional et méridional, une architecture religieuse musulmane exceptionnelle, étalée sur plus d’un millénaire.

Au nord de la médina de Tunis, dans le quartier pittoresque de Halfaouine, se dresse un lieu de culte monumental : la mosquée Saheb Ettabaâ. Celle-ci, joyau patrimonial datant des deux premières décennies du XIXe siècle, se caractérise autant par l’ampleur de ses proportions, que par la grande qualité de son agencement et de sa décoration. Cette mosquée compte nom seulement parmi les plus somptueux sanctuaires de la ville, mais elle est également l’un des plus remarquables lieux de culte, bâtis au XIXe siècle, tant en Tunisie, que dans l’ensemble du Maghreb.

En à peine six ans, elle fut élevée de 1808 à 1814 par l’architecte Sassi Ben Frija. Son commanditaire Youssef Saheb Ettabaâ (décédé en 1815), principal ministre de Hammouda Pacha (1782-1814), lui affecta les meilleurs artisans, et lui procura d’énormes quantités de marbres, ayant stupéfié les contemporains. Ces dernières furent acheminées depuis divers pays du sud de l’Europe, notamment de la péninsule italienne. D’excellents sculpteurs du marbre, du plâtre et du bois, de même que des céramistes, contribuèrent à amplifier la magnificence de l’édifice.

La variété des influences artistiques, conjuguant aux traditions locales les empreintes ottomanes, arabo-andalouses et italianisantes, est rehaussée par la beauté des matériaux, incluant une profusion de marbres précieux, et par la splendeur des ornements sculptés…


(par M. Khaled Hizem)

Commentaires
Loading...