D’où nous vient cette expression « Sayeb Salah » ?

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Nous avons tous utilisé un jour l’expression « Sayeb Salah » comme pour témoigner d’une indignation ou d’un rejet. Seulement peu sont les personnes qui connaissent les origines de ce mot dans notre dialecte tunisien.

Figurez vous qu’il y a bien une histoire derrière « Sayeb Salah », plus qu’une histoire, un personnage à part entière.

En effet, le personnage de « Salah » a bel et bien existé pendant les années 30 à Tunis. Il a élu domicile du côté de Bab Jdid.  Prénommé « Baba Salah » le fou, le vieil homme habitait les rues du vieux Tunis et déambulait dans les ruelles étroites de la médina pendant des années.  Il fut une figure mélancolique de solitude et d’errance. Son âme veillait sur les habitants des quartiers populaires de Tunis, qui le considéraient comme étant un être protégé de dieu. Ne pouvant pas passer inaperçu, le vieil  homme se faisait constamment aborder par des personnes en quête de bénédiction.

Baba Salah était un homme démuni de famille et dont les capacités mentales sont limitées.On raconte qu’il a été capturé par les soldats du Bey et incarcéré derrière les barreaux. En protestation à son emprisonnement, les habitants de Tunis avaient formulé une demande au Bey pour qu’il soit libéré. Leur slogan aurait été « Sayeb Salah ».

Depuis nous évoquant Baba Salah le fou, sans le savoir, en gloire à son âme qui habite partout.

Pour Docteur Seif Karoui, l’ADAGE POPULAIRE سيب صالح est l’équivalent de l’expression Française: »lâche moi les baskets. »

Cette formule est aussi utilisée pour signifier une colère ou une exaspération.

Deux versions qui se recoupent viennent étayer les circonstances de l’émergence de cet adage.

La deuxième version apporte une nuance par rapport à la première. On dit que l’oncle salah a été emprisonné sur injonction de sa propre famille. Les autorités l’avaient cloitré dans une cage. De dépit le pauvre oncle Salah hurlait toute la journée سيب صالح .

Depuis cette époque, on n’a pas fini d’utiliser cette métaphore dans les contestations et polémiques entre Tunisiens.

En 2010 ce dicton a été remis au goût du jour par le journaliste Aymen Rezgui qui a lancé la campagne سيب صالح pour contester contre la censure imposée sur les différents sites internet par les autorités de l’époque.

En 2017 c’est le théâtre qui s’empare de cette celèbre citation avec la mise en scène d’une comédie légère de Riadh Nahdi intitulée ٠سيب صالح.

Seif Karoui

 

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F.B.A

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