Habiba MSIKA : La nationaliste aux yeux verts

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Habiba MSIKA : La nationaliste aux yeux verts

Chanteuse, danseuse et comédienne tunisienne, Habiba Msika dont le véritable prénom est Marguerite est le prototype de la femme libre et maîtresse de son destin. Née en 1893 dans une famille juive pauvre, à Testour, elle est un véritable phénomène de société à son époque. Elle apprend le chant avec le célèbre compositeur Khemaïs Tarnane. Ses fans, en majorité de jeunes dandys de la bourgeoisie tunisienne sont surnommés les « soldats de la nuit » (Asker Ellil) qui aimaient se retrouver le soir autour de la « Maréchale ». A Paris ce sex-symbol côtoie Pablo Picasso et Coco Chanel. Connue pour ses sympathies nationalistes, elle provoque un scandale en 1928 en jouant « Les martyrs de la liberté » enroulée dans le drapeau tunisien et scandant des slogans indépendantistes. Elle est arrêtée par les autorités coloniales à la sortie avec ses « soldats de la nuit ». Longtemps maîtresse du prince Fouad d’Égypte, elle fait la connaissance de Eliahou Mimouni, riche israélite de Testour follement épris d’elle qui lui offrit un sublime palais. Elle quitte quand même ce dernier et entame une nouvelle idylle avec un ami d’enfance, Mondher Maherzi dont elle tombe enceinte. Fou de rage et de jalousie, Mimouni, l’asperge d’essence et la brûle vive. Elle décède au matin du 20 février 1930. Habiba Msika est inhumée au cimetière du Borgel à Tunis. Son souvenir continue à traverser les générations et la manière dont elle est morte est devenue même une insulte : « Que tu soies brûlée comme Habiba Msika ! ».

 

Un texte de Hager Karoui

 

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