Jeudi ça, Jeudi rien n°15

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En ce beau jeudi de printemps qui se permet des allures d’été, prenant mon café habituel en terrasse pour profiter du soleil qui ne commençait pas encore à taper, j’ai été surpris par le comportement d’un homme qui marchait dans la rue en souriant et en disant bonjour à chaque individu qui le croisait, il semblait sain d’esprit, juste heureux et apaisé contrairement aux grincheux qui le croisaient soucieux de la journée de boulot qui les attendait.

Vu la morosité que l’on vit tous depuis des mois, j’ai vite conclu qu’il avait sûrement fumé, ce n’est pas possible autrement, il n’y a pas eu de jackpot au Promosport cette semaine, Rached Ghannouchi n’a pas quitté le pays, Slim Riahi est toujours président du Club Africain, le prix de la bière n’a pas baissé et les taxis de groupes jaunes et bleus circulent toujours, du coup ça ne peut être que le cannabis, il n’y a pas d’autre explication possible!! J’ai donc supposé que notre ami a dû se rouler un bon petit joint au réveil, ne se souciant pas de la peine de prison encourue si jamais il se faisait serrer par la police et contrôler positif pour usage de stupéfiants. Cela m’a donc amené à me relancer un débat entre « moi, moi-même et je » pour parler comme les anglais, sur la dépénalisation du cannabis dans notre cher pays.

Imaginez un peu, si nos chers gouvernants, au lieu de se chamailler encore pour leur partis et sous-partis politiques, s’unissaient pour dépénaliser la consommation de drogues dites douces et pour en réglementer la vente!

Vue leur réputation et leur tendance à être attirés constamment par la recherche de solution pour renflouer les caisses de l’état pour pouvoir se payer la dernière Audi A6 intérieur cuir et pour avoir des bons d’essences qui leur permettraient de faire le tour de la terre en moins d’un mois sans que cela ne touche l’intérêt général bien entendu, je crois que pour les convaincre d’y réfléchir sérieusement, on devrait leur présenter les avantages pécuniers d’une telle mesure en seulement trois petits points .

Tout d’abord, selon quelques articles assez sérieux que j’ai feuilleté récemment, un prisonnier coûterait à l’état entre 8 et 11 dinars par jour de détention, je vous laisse calculer les bénéfices qui suivraient la libération de 20% de la population carcérale victimes de la loi 52.

Ensuite, toujours en me basant sur des statistiques assez fiables, si l’état, régulait et taxait la vente de cannabis, comme elle le fait pour les autres drogues légales comme l’alcool, le tabac et les bonbons à la menthe, je vous laisse imaginer le surplus au niveau des revenus de l’état sachant que deux bons joints reviendraient actuellement en toute illégalité au consommateur final à à peu près à 5 dinars.

Enfin imaginez, rien que les boutiques en faillite de l’avenue la Liberté transformées en coffeeshop et ce que cela engendreraient en terme de création d’emploi, de revenus et surtout le nombre de passant qui se croiseront tout souriant en se disant bonjour le matin sans que cela ne me semble bizarre et que je me mette à tergiverser jusqu’à en arriver à pondre une chronique faisant l’apologie d’un produit prohibé, enfin je dis ça, je dis rien, à jeudi prochain!

Sami Baccouche

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