Jeudi ça , Jeudi rien n°18

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La première fois que j’ai tenu mon propre appareil photo dans les mains je devais avoir une dizaine d’années. C’était un cadeau de mon père qui, lui, avait le mythique Hasselblad 500C et là, les connaisseurs comprendront pourquoi je n’avais pas le droit d’y toucher!

J’étais envahi par une immense joie dont je me souviens encore trente ans plus tard, même si ce n’étais qu’un vulgaire Fuji avec une pellicule 110 auto-rechargeable qui n’avait même pas l’autofocus… Là les moins de 25 ans, vont se demander de quoi je parle  

Pourtant, à l’époque, prendre une photo était presque considéré comme une aventure. Déjà, le nombre de poses (nombre de photos qu’on peut prendre sur la même pellicule) était réduit, il y avait des pellicules 12 poses, 24 poses ou 36 poses pour les plus fortunés, donc les photos que l’on prenait devait être liés à des événements spéciaux, on parlait même d’immortaliser des moments!

Puis, une fois la photo prise, il n’y avait aucun moyen de voir si elle était réussie sur le moment, il fallait attendre que l’on finisse la pellicule, qu’on l’emmène chez le photographe du quartier puis que l’on attende le développement, ce qui pouvait durer des semaines pour finalement aboutir soit à une photo floue, mal cadrée ou surexposée, soit à une photo réussie qui finira dans l’album familial caché dans la chambre des parents. Bref comme je disais, c’était tout une aventure…

Cela me ramène vers une réflexion quant à la possibilité d’adaptation de certains jeunes d’aujourd’hui au rythme photographico-social de l’époque, entre ceux qui se prennent en photo n’importe où avec n’importe quoi ou n’importe qui, celles qui publient leurs photos très suggestives au milieu de la nuit sans se soucier de l’effet que cela puisse avoir sur des quadragénaires sujets à des risque cardiovasculaires, ou encore ceux qui passent leur journées à photographier des commerces en se demandant « où est le trottoir », d’ailleurs ceux-là doivent jubiler ces jours-ci vu l’hécatombe vécue dernièrement par de plus ou moins honnêtes commerçants!

Bref, au risque de radoter, je le dis encore une fois, c’était mieux avant, enfin, je dis ça je dis rien, à jeudi prochain!

Sami Baccouche

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