Leila Bouzid

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Interview avec Leila Bouzid

Qui est Leyla Bouzid ??

C’est une question difficile ! (rires)  Leïla est une jeune tunisienne qui aime le cinéma, qui veut tourner des films et raconter des histoires. Je ne dirais pas que celles que je raconte font rêver les gens, mais j’espère au moins qu’elles les font frémir et que les émotions fortes  sont au rendez-vous.

leila bouzid
Autodidacte ou studieuse ?

Après un passage par le FTCA ( Club Tunis) ,une licence en lettres modernes à la Sorbonne et des heures passées dans les salles de ciné, j’ai étudié 4 ans à la FEMIS en section réalisation où j’ai  réellement pu être épanouie car ce n’était que de la pratique. J’ai fait quelques stages, tourné des petits films avec des amis… L’idée de faire du cinéma m’a toujours habitée !

Après autant de courts métrages comme Mkhobbi fi kobba, Un ange passe ou encore Zakaria, avez-vous eu peur de vous lancer dans le long métrage ‘’A peine j’ouvre les yeux’’ ?

Non, j’avais vraiment hâte! J’aime tourner des courts métrages, on y apprend beaucoup, mais j’avais envie de faire un film où je pouvais parler de ma génération, de sa créativité  et de son énergie ! J’ai passé un an à écrire un scénario plutôt solide et les producteurs ont directement suivi car on sentait tous qu’il fallait concrétiser le projet assez vite !

L’histoire de votre nouveau film en quelques mots ?

Le film se déroule l’été 2010. Un été que je qualifierai de ‘particulier’. Il ne parle pas de la révolution mais plutôt de la fin de l’ancien régime. On y retrouve l’atmosphère d’étouffement, mais également la musique comme moyen de résistance. C’est l’histoire de Farah, une jeune fille de 18 ans qui vient d’avoir son bac et qui chante dans un groupe de rock tunisien.

Le film relate son parcours initiatique quant à son combat de vivre de sa passion et celui des conflits sociaux et familiaux. Si je vous en dis plus, je gâcherai un peu le scénario (sourires)

Et comment vous avez fait pour le financement ?

Grâce au Ministère de la Culture Tunisien ! C’est l’investisseur principal mais à l’aide du cinéma du monde Cnc en France. Nous avons également bénéficié d’une aide Belge assez importante et  de l’aide de Sanad (Abu Dhabi) et beaucoup d’autres petits fonds.

A votre avis, le cinéma tunisien peut-il devenir indépendant du Ministère ?

Le risque de se passer d’un financement important comme celui du Ministère de la Culture, c’est de faire des films pauvres. La pression de tourner vite et sans argent peut engendrer des scènes assez ordinaires, si en plus les personnes qui y travaillent ne sont pas payées comme il se doit, on ne peut pas espérer un oscar! (rires)

Je suis très contente d’avoir bénéficié de l’aide du ministère de la culture, mais l’idéal serait tout de même d’avoir des dispositions équivalentes, ça animera plus la scène cinématographique !

On constate qu’à partir de 2011, la majorité des films tunisiens parlent de révolution. Est-il possible aujourd’hui de tourner un film dont le corps du sujet n’est pas ‘’politique’’ ?

Je pense que oui ! Il s’est passé tellement de choses après la révolution ! Il faut parler de la société d’aujourd’hui que je trouve assez fascinante d’ailleurs. En ce moment, je participe à l’écriture du scénario du film de Wlid Mattar qui n’aborde pas la thématique de la révolution: Ça parle de la vie difficile des ouvriers d’une usine délocalisée de France et retrouvée en Tunisie.

Y a-t-il un réalisateur qui vous a influencée ?

Evidemment ! Pas un  en particulier mais beaucoup ! Des jeunes et des moins jeunes ! Certains pour  ‘’A peine j’ouvre les yeux ‘’ d’ailleurs vous trouverez certainement quelques traces, et d’autres, dans d’autres films !

Etre la fille de Nouri Bouzid, ça ouvre des portes ?

Il est vrai qu’on m’associe souvent à Nouri bouzid, mais ceux qui connaissent ses films et le mien savent qu’au travail, il n’est pas mon père et je ne suis pas sa fille !  Pour ‘’A peine j’ouvre les yeux’’, il a juste tourné sa scène de figurant et est parti ! Je vous défie de voir d’ailleurs ( Sourires ) .

J’avoue que l’avantage d’avoir  Nouri Bouzid comme père m’a permis de vite comprendre que le cinéma n’est pas un monde tout rose, il y a l’écran et il y’a derrière l’écran !

Son film « A peine j’ouvre les yeux » sera projeté lors des JCC et est en compétition dans la catégorie long métrage.

© F.G

 

 

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