Parce que la justice se doit d’être humaine

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Entre l’humanitaire et la justice, il n’existe aucun embarras. Les opposer nous amène inévitablement à nous débarrasser d’une part d’humanité.

Maintenir une personne atteinte d’une maladie grave en prison malgré un état de santé dégradé et des conditions de détention inadaptées relève de l’absurdité. C’est paradoxalement, le calvaire qu’a vécu Sofiène Ben Ali, indépendamment des charges retenues contre lui, pendant une première puis une seconde peine de prison en 2011 puis en 2013.

Pourtant, durant les 48 heures de répit accordé entre les deux arrestations, le verdict médical était sans appel : le défunt souffrait du cancer de colon et une intervention d’urgence s’imposait. Et quand on sait que globalement pour tous les porteurs de cette maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante, le taux de survie relatif à 5 ans est de 57 %. Le pronostic est étroitement lié au stade auquel le cancer est diagnostiqué. Lorsque la tumeur est superficielle au stade 1, la survie à cinq ans est de l’ordre de 90 %, tandis qu’elle est de 5 % en cas de métastase.

Si on remonte les faits, l’état de santé physique de Sofiène Ben Ali est incompatible avec une détention et le fait de le priver de se lancer à temps dans une thérapeutique efficace pourrait relever de la non assistance à une personne en danger.

Vendredi dernier, après un long combat contre la maladie, la famille retient une image sombre d’une justice inhumaine. Quant à la société tunisienne, c’est un autre combat qui s’annonce, celui d’abattre tous les obstacles qui entravent une remise en liberté pour des raisons médicales, parce que perdre sa vie en prison ou à cause de la prison demeure une anomalie révoltante.

 

 

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