PME artistique

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Poke. Inbox. Work in Progress. Viens à mon expo (peut-être/oui/non). White Cube. Un saoudien doit acheter mon « œuvre ». Work in Progress. Les phrases sont courtes pour raconter son savoir-faire : digitales, numériques et rapides. Trouver une nouvelle forme d’art coûte chère il faut rentabiliser, fini le romantisme artistique comme à « Minuit à Paris » de Woody Allen, aujourd’hui il faut un agent, un comptable, et un plan de communication.

Depuis les années 90 le débat de la crise culturelle est récurrent. Depuis qu’il s’est délivré de la toile, et est devenue objet, la notion de « œuvre » est devenue incompréhensible. Et c’est en cette période de mutation sociétale, politique qu’il cherche désespérément une nouvelle forme. Hannah Arendt dans « Crise de la culture » après la seconde guerre mondiale, avait vue venir le pouvoir exercé par les médias de masse, le pouvoir du marché, la mort de la bourgeoisie et le déclin des grandes figures.

Koons symbole du succès:

Look de trader, Koons se vend, Koons s’achète. Avec un « Balloon Dog » vendu à 58,4 millions de dollars, l’artiste fait des envieux. A ce prix là peut-il être une imposture ? Ou n’est-il pas enfin de compte un réel artiste de son époque ? Dans Le Monde Koons raconte son processus de création comme un patron d’usine : «D’abord, je construis, j’assemble, je manipule des images, pendant deux ou trois mois, sur l’ordinateur, avec Photoshop. […] Quand j’ai déterminé la composition, elle est divisée en sections et chaque section imprimée, trois passages pour chaque section, 250 couleurs, jusqu’à ce que l’œuvre soit conforme à l’image originelle. Ce qui peut prendre six mois. Puis mes assistants travaillent, ils repeignent la peinture imprimée. Là aussi, trois fois. Je contrôle, je vérifie. Il n’est pas question que mes assistants, qui sont eux-mêmes des artistes, y mêlent leur subjectivité. Celle-ci, ils l’expriment dans leurs travaux personnels. Dans mon atelier, leur tâche est de m’aider à capturer la vision originelle de mon œuvre. » Si on résume, Koons trouve l’idée (ou la pique comme pour la pub de Naf-Naf « Fait d’hiver » et « Naked » de Jean-francois Bauret). En réalité Koons n’a aucune influence sur les gens, ni sur la société, on peut expliquer cela par l’absence d’interaction avec le public qui certes vient le voir au centre Pompidou ou à Versailles, mais qu’en reste-il ? Les analystes trouveront surement dans leurs différentes thèses le pouvoir artistique de Koons et un sens profond à ses œuvres, en réalité le label Koons est en lui même une œuvre d’art.

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Quelle ambition peut avoir un artiste aujourd’hui? Etre un loup des galeries? ou un artiste anti-tout comme un Banksy (qui reste quand même rentable)? Ou un petit qui se contente de sa mini notoriété dans les boites branchées ? Photo Instagram , flou artistique titre: » #lovewillkillme », la panoplie des artistes  d’aujourd’hui n’est pas à critiquer, ni à juger.  Ils sont les artistes  de leur époque ,  Cocteau aurait été un des meilleur blogueur Tumblr, alors pourquoi infliger aux jeunes artistes le devoir  de « faire du sens »  « faire du profond » et  « changer le monde »?  Koons a trouvé une brèche, Hannah Arendt est morte,  et  fréquenter les petits artistes en sirotant un verre à NÜBA  in Goulette Land est un plaisir absolu.  En réalité , je n’ai pas de réponse à toutes ces questions, si ce n’est que le plus important (moment rose guimauve butterfly) est d’être sincère même en posant un urinoir sur un socle .

© R.H

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