Selon le New York Times, en 2018, les Tunisiens sont toujours autant en colère

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Le New York Times a publié un article traitant de la situation socio-économique et politique de la Tunisie. Ce billet expose donc « l’incapacité du gouvernement à rafraîchir l’économie et à améliorer la situation des jeunes du pays provoquant une avalanche de contestations ».

Rory McCarthy est membre du Magdalen College d’Oxford et auteur de «À l’intérieur de la Tunisie, al-Nahda: entre politique et prédication» fait le tour de la situation de la Tunisie, où est née le printemps arabe.

« Ce qui a suivi le printemps arabe n’a pas toujours été une sombre descente en enfer pour les Tunisiens car  les politiciens ont su se frayer un chemin à travers la méfiance, la polarisation et les attaques terroristes avec une politique de consensus pragmatique.Mais maintenant que le consensus politique s’effrite et que le contrat social rompu qui était à l’origine des soulèvements initiaux n’a toujours pas été réparé. L’inflation a augmenté, le chômage est obstinément élevé, les grèves et les manifestations de rue sont généralisées. La fragilité de cette transition démocratique vitale est soudain exposée. »

Mais si il y a bien une avancée à saluer ça sera ce que les hommes politiques tunisiens ont réalisé au cours des sept dernières années de remarquable pour le monde arabe. Les élections législatives de 2011 et 2014 et les élections présidentielles de 2014 ont été libres et équitables. Les politiciens ont écrit une nouvelle constitution progressiste et un processus de justice transitionnelle a lentement commencé à prendre en compte les crimes du passé.

Malgré tout cela, les manifestations ont augmenté dans les rues tunisiennes. Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux affirme que leur nombre est passé de 1 000 en 2014 à plus de 11 000 l’an dernier. Certains Tunisiens ont pris la décision plus risquée de quitter le pays. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, pas moins de 4 000 Tunisiens ont opté pour l’émigration irrégulière cette année seulement.

« Le taux de chômage des jeunes atteint 36%. L’inflation a fortement augmenté, atteignant un sommet de 7,8% en juin de cette année, son niveau le plus élevé depuis près de trois décennies. »

 

En somme, pour la Tunisie, ce n’est pas encore un retour au passé autoritaire mais ce n’est pas non plus le futur digne et démocratique dont les Tunisiens ont lutté pour. Un nouveau point de départ serait de réformer les lois sur les impôts, l’investissement et les banques qui enrichissent depuis si longtemps une élite des affaires bien connectée et de redistribuer les dépenses dans des régions du pays longtemps négligées reste à privilégier si on veut baisser d’un cran la colère des tunisiens. 

 

 

 

source : The New York Times

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