Vers l’an 762, Aroua la Kairouanaise mettait un terme à la polygamie

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Ayant parfois une longueur d’avance sur la femme occidentale et plusieurs sur ses homologues arabes, les femmes tunisiennes ont marqué l’histoire du pays. 

Cheffes de familles, militantes ou avant-gardistes, elle ont influencé notre quotidien et nos modes de vie par des revendications féministes clamées haut et fort dans des sociétés masculines et patriarcales.

 

Aroua la monogame

 

Les tunisiennes n’ont pas attendu ni la révolution française, ni le Code du statut personnel ni la lumière venue d’occident pour balayer la polygamie. Certes, l’histoire de la native de Kairouan ressemble de prime abord à un mélodrame à la sauce hollywoodienne mais Aroua Al Kairawania, a imposé la monogamie au calife abasside Abou Jaafar Al Mansour par son intelligence et sa beauté vantées par plusieurs récits.

Elle tient cette célébrité de la forme inédite du contrat de mariage rompant avec les traditions qui toléraient la polygamie. Elle a intégré aux formules d’usage à l’époque une condition inexorable de s’engager que son époux ne serait jamais polygame et ne prendrait pas de maîtresse. Chose que le prétendant abbasside au califat, Abou Jaafar Mansour, n’y a jamais manqué de sa vie. Cette dérogation a par la suite été adoptée et appliquée comme condition préalable au consentement, chaque fois qu’une femme la réclame.

Aroua Al Kairawania, fille d’un notable arabe marié à une Berbère, était d’une grande beauté et dotée d’une intelligence remarquable et s’est donné le droit selon le contrat, de demander le divorce et des dédommagements en cas de non respect de cette clause.

Ainsi est né le fameux contrat kairouanais qui, par la suite, eut cours en d’autres endroits en terre d’Islam.

 

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