Youpost : Hanouka ou le culte judaïque commémoré

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La fête juive dure 8 jours, célébrée par l’allumage d’une ménorah chaque soir, ainsi qu’à travers plusieurs rituels comme les prières et la consommation d’aliments frits. Khaled Hizem, féru du patrimoine, nous revient avec un récit descriptif à l’occasion de la Hanouka.

Pendant cette période de l’année, entre le 2 et 10 décembre, nos ami(e)s de confession juive fêtent Hanouka. Celle-ci commémore l’inauguration de l’autel des offrandes dans le second Temple de Jérusalem, quelques années après son interdiction par Antiochus IV, qui régna de 175 à 164 av. J-C. Symboliquement, elle rappelle la victoire du judaïsme sur l’hellénisme forcé de la dynastie des Séleucides.

Tout en souhaitant une joyeuse Hanouka à celles et ceux qui la célèbrent, il est important de souligner l’ancienneté du patrimoine culturel et artistique judéo-tunisien. Des édifices et d’innombrables objets certes, mais aussi, et cela est peu connu, des mosaïques témoignant de la présence marquante d’une communauté, ayant contribué, à l’instar d’autres peuplades, à façonner le visage de la Tunisie.

Au musée national du Bardo, cette oeuvre a retenu mon attention(photo de couverture). Il s’agit d’une mosaïque, portant une inscription commémorative, provenant des ruines (découvertes en 1883) d’une synagogue de l’antiquité tardive, située à Hammam-Lif, l’antique Naro. Cette dernière se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud de Tunis. Daté aux alentours du Ve siècle ap. J-C, le lieu de culte de plan carré, ayant vingt mètres de côté, se composait d’une quinzaine de pièces, issue du remarquable pavement de la salle de prière, espace rectangulaire mesurant dix mètres sur six mètres, cette mosaïque présente une inscription en latin, se terminant par une menorah (chandelier à sept branches). Le texte, immortalisant le don effectué pour la réalisation du dallage du sanctuaire, se traduit ainsi : « La sainte synagogue de Naro, c’est, pour son salut, ta servante Juliana qui en a fait faire le pavement de mosaïque à ses frais ».

Plus qu’une oeuvre, un pan de la mémoire juive, en terre tunisienne, nous invite à le contempler et à s’en imprégner…

(par M. Khaled Hizem)

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