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5 anecdotes à savoir sur l’histoire du légendaire café “Saf-Saf”

5 anecdotes à savoir sur l’histoire du légendaire café “Saf-Saf”

Qui ne connait pas le café Saf-Saf de la Marsa ! Ce lieu mythique qui a fait rayonner la culture et la tradition tunisoise pendant de longues années, auquel le journal Le Monde avait un jour attribué le titre du “plus beau café du monde“. Il est quotidiennement fréquenté par les hommes passionnés de belote et de rami, les familles en quête de détente et d’authenticité, et les touristes de passages qui viennent s’y dépayser. Mais que savez-vous exactement sur les origines de ce lieu devenu légendaire ? Voici 5 petites anecdotes pour vous conter l’incroyable histoire du Saf-Saf.

1 – Aux origines : Le puits providentiel

Au départ, on raconte que la Marsa était un petit village plus ou moins désert, animé de temps à autres par la traversée de quelques caravanes de passage pour rejoindre Tunis. Au fil du temps, elle devient un caravansérail (sorte d’aire de repos de l’époque) très prisé par les voyageurs, principalement en raison d’un puits qui s’y trouve et qui permettait d’abreuver leur bétail de tous genres. Une eau également potable pour l’homme et qui, disait-on, regorge de vertus thérapeutiques. C’est autour de ce puits que sera construit le Café Saf-Saf, qui deviendra le cœur battant de ce petit village. Des spécialistes de l’histoire de la Marsa à l’instar de feu Faiza Skandrani défendent la thèse selon laquelle ce puits devenu un café a été le vrai point de départ de la création et du développement de la ville.

marsa_safsaf_282 – L’âge : au moins deux à trois siècles !

L’Histoire reste silencieuse sur certains points, mais commence à révéler d’importants détails dès le début du 18ème siècle. Quelques beys husseinites avaient choisi cet endroit pour y laisser leurs chevaux se reposer et s’abreuver. On raconte alors que des résidences beylicales ont commencé à se dresser çà et là. Puis un certain Cheikh Bahri, tunisois né dans la Médina, fait acquisition de l’espace et décide d’y construire un café maure. A la page 74 du livre La Marsa d’hier et d’aujourdhui, on peut donc lire : « La Marsa retrouva son statut de villégiature royale, sous le règne de Mahmoud Bey (1814-1824). Il aimait seulement séjourner au palais de la Abdalliya, situé près du café Saf-Saf ».

3 : Le nom : une histoire de peuplier

C’est le Cheikh Bahri, premier propriétaire des lieux (sa descendance le gère encore), qui donnera au café ce nom devenu le symbole de la Marsa. L’idée lui est venue en regardant un peuplier géant situé tout près de la source d’eau. Un arbre vieux d’au moins trois siècles et dont les branches recouvraient une large portion de la terrasse intérieure. En effet, « Saf-Saf » n’est autre que la traduction arabe du mot « peuplier ». Le terme est aussitôt attribué au Café. Une légende venait de naitre.

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4 : La chamelle : « Fethia » l’infatigable

Comme nous l’avons raconté plus haut, le puits du Saf-Saf était considéré comme une véritable bénédiction et Cheikh Bahri se devait d’en faire profiter tout le monde. Mais il fallait avant tout s’organiser, hors de question que chacun aille y puiser à sa guise dans l’anarchie totale. C’est alors que s’est imposée l’idée d’une noria (sorte de moulin à eau) qui puiserait l’eau. Afin de l’actionner sans interruption, il fallait trouver une source d’énergie, et le choix du Cheikh s’est porté sur une chamelle. Une manœuvre intelligente qui permettait d’avoir de l’eau en permanence mais surtout d’assurer un véritable spectacle aux clients. On raconte que l’animal portait un bandeau sur les yeux pour lui donner l’impression de suivre une ligne droite interminable. Autre fait incroyable : la première chamelle s’appelait Fethia, et toutes celles qui prendront sa place après elles porteront d’office le même nom !

5 – La formule du succès : malouf et fricassé

Les familles avaient pris l’habitude de venir se détendre au Saf-Saf, autour d’un simple café turc ou d’un thé à la menthe. Puis, la cuisine juive a inspiré les maîtres des lieux et c’est alors que le plat tunisien, la brik à l’œuf et le fricassé ont fait leur entrée. C’était l’époque de Abdessatar Bahri, arrière-petit-fils de Cheikh Bahri. Viennent ensuite les années 50 et la gestion des lieux par Mohamed Bahri qui dressera une scène au niveau du palier inférieur du café. On raconte que Ali Riahi a été la toute première vedette à s’y produite, accompagné de son orchestre. D’autres témoignages confirment également le passage sur scène de la star libanaise Houyam Younes. Mais Tahar Gharsa restera celui qui aura le plus marqué l’histoire du café durant les soirées estivales prisées par le Tout-Tunis. Des soirées malouf qui étaient, pour les tunisiens de l’époque, l’équivalent du Festival de Carthage aujourd’hui.

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