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Cet homme a réalisé une expérience intéressante avec l’argent..

Cet homme a réalisé une expérience intéressante avec l’argent..

Souvent, on est saisit d’une fièvre de consommation justement lorsque l’on traverse des moments de difficultés financières. Et lorsque la situation se redresse un peu et que l’on retrouve des revenus stables qui permettent de tout acheter, l’envie est moins dévorante. Mais cette habitude peut-elle rendre quelqu’un vraiment heureux ? L’expérience des gens qui ne sont pas limités financièrement indique plutôt le contraire.

Graham Hill est un riche entrepreneur qui menait un train de vie luxueux, mais qui s’est rendu compte au bout d’un certain temps que les choses matérielles ne faisaient que dévorer sa vie et son temps. on vous propose de lire quelques extraits de sa réflexion :

Je vis dans un studio de 39 mètres carrés. Je dors dans un lit qui s’encastre dans le mur. J’ai 39 chemises. 10 assiettes à salade ou pour d’autres plats. Lorsque j’ai de la visite, j’utilise une table pliante. Je n’ai pas de DVD, et ma collection actuelle de livres ne représente que 10% de celle que j’avais à l’origine.
J’ai parcouru un long chemin depuis la fin des années 1990, lorsqu’un projet réussi sur Internet s’est transformé en une source de revenus conséquents. J’ai alors acheté une maison gigantesque et je l’ai remplie d’objets, de gadgets, d’appareils électroniques et de voitures.
D’une certaine façon, cela occupait toute ma vie, ou au moins une grande partie de ma vie. Les choses que je consommais finissaient par me consommer moi-même. Certes, ce scénario de vie n’est pas très classique, car peu de gens parviennent à être aussi riches à 30 ans, mais mon interaction avec les choses était, elle, très classique.
Nous vivons dans un excès de biens, dans un monde de supermarchés, de centres commerciaux géants et de magasins ouverts 24 heures sur 24. Quelque soit leur classe sociale, les gens peuvent s’entourer de choses.
Il n’existe aucune preuve que ces choses puissent nous rendre heureux. Pour moi c’est justement tout le contraire.
Il m’a fallu 15 ans pour me débarasser de tout ce superflu que je m’étais donné tant de mal à accumuler, pour commencer à vivre pleinement, librement, mieux et avec moins de choses.
Tout a commencé en 1998. Mon associé et moi avons vendu notre business pour une somme d’argent que jamais je n’aurais pensé gagner de toute ma vie.
En recevant cet argent, j’ai acheté une maison de quatre étages. Grisé par les opportunités de consommation qui s’ouvraient à moi, j’ai acheté un nouveau canapé, une paire de lunettes à 600 dollars, une tonne d’appareils électroniques et un lecteur CD pouvant accueillir cinq disques. Et bien-sûr, une Volvo noire avec démarrage à distance du moteur.
J’ai commencé à travailler sérieusement sur mon nouveau business, et je n’avais pas le temps de m’occuper de ma maison. Alors j’ai engagé un type nommé Seven qui, soi-disant, avait été l’assistant de Courtney Love. Il est devenu mon assistant en achats. Son rôle consistait à faire le tour des magasins d’appareils électroniques avec un appareil photo dans les mains. Il photographiait les choses qui, selon lui, pourraient me plaire, puis je regardais les photos et sélectionnais les objets à acheter.

Mais assez vite, la drogue de la consommation cessa de me faire de l’effet. Je perdis l’intérêt pour tout. Le nouveau Nokia ne m’intéressait pas plus qu’il ne me satisfaisait. J’ai commencé à me demander pourquoi les meilleures choses de ma vie, qui théoriquement devaient me rendre heureux, n’y contribuaient pas et ne faisaient que créer de l’anxiété en moi.
La vie est devenue plus compliquée. J’avais tellement de choses dont il fallait que je m’occupe : la pelouse, le ménage, la voiture, les assurances, l’entretien. Seven avait beaucoup de travail… et en fin de compte, j’avais un assistant en achats ? Qu’étais-je donc devenu ? Ma maison et mes objets étaient devenus mes nouveaux employeurs, et je ne voulais pas travailler pour eux.
Et puis tout a encore empiré. J’ai déménagé à New York pour les affaires et j’ai loué une grande maison digne d’un super businessman du Web. Il fallait que je remplisse la maison avec des objets mais cela demandait trop de temps et d’efforts. Et j’avais encore ma maison à Seattle. Donc je devais désormais m’occuper de deux foyers à la fois. Alors j’ai décidé de rester à New York, et j’ai du prendre l’avion de nombreuses fois d’une ville à l’autre pour me débarrasser des choses que j’avais dans ma première maison et régler cette question.
Manifestement, j’ai eu de la chance avec l’argent, mais ce genre de problèmes arrive à beaucoup de gens.
Une enquête dont le titre est La vie à la maison au XXIème siècle montre la vie de 32 familles de classe moyenne. La nécessité de s’occuper de ses possessions provoque une sécrétion de l’hormone du stress. 75% des familles ne pouvaient pas mettre leur voiture dans leur garage car il était déjà plein d’autres choses.
Notre amour pour les biens matériels touche quasiment tous les aspects de notre vie. La taille de nos logements augmente tandis que le nombre moyen d’habitants de chaque foyer diminue. Durant les 60 dernières années, l’espace moyen par personne a été multiplié par trois. Et pour quoi ? Pour stocker encore plus de choses dans cet espace ?
Que sont ces choses que nous gardons dans des cartons et que nous transbahutons pendant un déménagement ? Nous n’en savons rien jusqu’à ce que nous les ouvrions.
Voici une statistique très révélatrice : savais-tu que selon les données de The Natural Resources Defense Council, 40% des aliments qu’achète un américain moyen finit à la poubelle ?
Une telle insatiabilité provoque des conséquences à un niveau mondial. Le consumérisme sauvage n’est rendu possible que par une surproduction, qui détruit notre écosystème. Ces iPhones que produit Foxconn sont en partie responsables des changements écologiques terribles qui touchent les zones industrielles chinoises. Une production économique aveugle a des conséquences, est-ce cela qui te rend heureux ?
Il y a un autre point, psychologique et social. Les observations de Galen V. Bodenhausen, psychologue à l’Université de Northwestern dans l’Illinois, associent définitivement le consumérisme et le comportement anormal et antisocial. La mentalité consumériste est négative pour tout un chacun, quelque soit son niveau de revenus.
Mon attitude face à la vie a changé après que j’ai rencontré Olga. J’ai déménagé à Barcelone avec elle. Son visa a expiré et nous vivions dans un petit appartement sans prétention, et nous étions heureux. Nous avons ensuite réalisé que rien ne nous retenait en Espagne. Nous avons emballé quelques vêtements, quelques objets personnels basiques, nos ordinateurs portables, et nous sommes partis en voyage : Bangkok, Buenos Aires, Toronto et plein d’autres endroits. Je continuais à travailler mais désormais mon bureau tenait dans mon sac à dos. Je me sentais libre et la voiture comme les appareils electroniques que j’avais laissés chez moi ne me manquaient absolument pas.

Ma relation avec Olga a pris fin, mais ma vie a changé pour toujours. Je possède moins de choses, je voyage léger, j’ai plus de temps libre et plus d’argent liquide.
Nous comprenons intuitivement que les choses les plus importantes dans la vie ne sont pas les objets mais les relations, les expériences et les succès. Ce sont les fruits d’une vie heureuse.
J’aime les biens matériels. J’ai étudié le design, les appareils électroniques m’intéressent, et j’apprécie aussi les vêtements et d’autres choses encore. Mais toute mon existence prouve qu’à partir d’un certain moment, les objets matériels sont remplacés par les besoins émotionnels qui, en théorie, devraient nous sustenter.
Je suis toujours entrepreneur et en ce moment je me consacre au développement d’une idée de maisons compactes. Ces maisons sont créées dans le but de nous servir, et non l’inverse. De même que les 39 mètres carrés dans lesquels je vis personnellement, ces maisons ne requièrent pas une grande quantité de matériaux de construction, ni de grosses dépenses d’entretien, ce qui permet à leur propriétaire d’économiser plus.
Je dors bien car je sais que je n’utilise pas plus de ressources que celles dont j’ai réellement besoin. J’ai moins de choses mais plus de satisfaction et de plaisir. Peu d’espace, beaucoup de vie.

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