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Entre Carthage et la Numidie : ce qui reste de nos ancêtres les chevaux

Entre Carthage et la Numidie : ce qui reste de nos ancêtres les chevaux

– Hannibal : Maherbal, comment se portent tes chevaux ?
Maherbal : Ils sont plus rapides que le vent.
– Hannibal : Oh Maherbal, saches qu’au cheval, la moitié de la victoire est due.

Cette anecdotique et brève discussion entre Hannibal et son général de guerre numide Maherbal, conserve à elle seule le lien profond qu’on réserve en Tunisie, à cet animal noble et fort qu’est le cheval. Aujourd’hui, de Sidi Thabet, à Meknassi ou Tajerouine, le cheval Tunisien reste à l’image du pays : authentique, de caractère altier, et riche d’une histoire fragmentée jusqu’au bout, pour apparaître source de beauté énigmatique.

En effet, le cheval a imprégné l’histoire de la Tunisie et ce depuis toujours; les chevaux Tunisiens sont souvent authentiques, de très fortes structures et reconnus pour leur force de caractère qui marque bien leur originalité. Et si “le Barbe” est la race distinctive de notre région, la Tunisie, qui figurait comme la plus grande base militaire islamique en Afrique du Nord, fut également le berceau des chevaux arabes depuis le 14ème siècle.

Maintenant l’élevage en abondance, la présence du Cheval Arabe en Tunisie remonte ainsi à des siècles de longues dates, et les Tunisiens sont simulés d’une grande expérience et une longue tradition de l’élevage. La plupart des étalons, ont été importés de la péninsule arabe, directement au centre principal des Établissements Hippiques d’Afrique du Nord en Tunisie, l’hippodrome de Sidi Thabet près de Tunis. En conséquence, la Tunisie est devenue le deuxième centre français de l’élevage du cheval de l’Arabie du désert en Afrique du Nord, avec Sidi Thabet comme centre.

Comme le reporte bien en détails Dr. Edouard Al-Dahbah, les importations les plus importantes étaient les étalons Nasr, Ibech (de la tribu Sb’aah) et Tamerlan (un Dahman) dans les années 1910 et 20; Ibn et Hellal dans les années 30; Et Chaykh El Ourbane dans les années 40. Il y avait également une importation significative de l’Egypte dans les années 1920: la châtaigne Ibn Fayda I (par Ibn Rabdan de Fayda Lady Anne Blunt), un cadeau du Prince Kemal Eddin Hussein à Sidi Thabet. La plupart des lignes de remontent au 19ème siècle: celle de Samaria, celle de Kuhaylah Ajuz et celle de Dolma Batche, une Jilfa Sattam al-Bulad, sont les plus prédominantes aujourd’hui, avec l’ajout de la ligne d’Emtayra importée dans les années 1940.

Mais, lors de l’indépendance du pays en 1956, la direction de Sidi Thabet décida d’abattre tous les chevaux français de son programme d’élevage et ne garda que les lignes tunisiennes et algériennes. Le résultat de cette politique est qu’aujourd’hui 70% du cheptel national tunisien est composé de chevaux d’Arabie du désert.

À nos jours, les visiteurs de Dubaï entendront souvent parler de Godolphin, le fameux hippodrome de Sheikh MBR, mais, ignorent probablement que Godolphin est le nom d’un fameux cheval tunisien. En effet, il s’agit du cheval “Shama”, un cheval de race arabe authentique, d’origine tunisienne, qui a été le cadeau du bey Hammouda Pacha (qui a gouverné la Tunisie 1770-1814) au roi de France Louis XV, suite à l’accord commercial conclu entre la Tunisie et la France.

Ainsi, en ce qui me concerne, De Paris a Dubaï, j’ai conservé deux libertés tunisiennes, dont je refuse de céder aux oubliettes: manger un vrai couscous et faire du bon cheval.

Baal 

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