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Gisèle Halimi : Une tunisienne pas comme les autres

Gisèle Halimi : Une tunisienne pas comme les autres

C’est en Tunisie et plus précisément à la Goulette,  que Gisèle Halimi voit le jour un certain 27 juillet 1927. D’un père berbère et d’une mère juive, elle s’intéresse très jeune à la cause féminine, aux droits des peuples et aux libertés fondamentales.

Née dans une famille traditionaliste, son combat féministe prend naissance au tournant des années trente-quarante, quand à l’âge de 13 ans, elle avait “gagné son premier bout de liberté”, après avoir entamé une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère.

Elle comprend très vite que le savoir et les études seront ses seules armes pour échapper à l’asservissement. Elle devient avocate pour lutter contre les injustices, se battra et se bat toujours pour changer les lois et faire évoluer les mentalités.

Après des études à la faculté de droit de Paris, elle entre au barreau de Tunis en 1949, soit une année après l’obtention du titre d’avocate. Elle poursuivra par la suite sa carrière à Paris en 1956.

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Gisèle Halimi, est une avocate et militante féministe, et est une des figures emblématiques de ces XXe et XXIe siècles. Voici en dates son parcours, incontestablement des plus anticonformiste :

-1958 :Elle s’illustre dans le militantisme. Parmi les causes qui la tiennent à cœur, figure celle de l’indépendance de l’Algérie. Elle dénonce les atrocités commises par l’armée française et prend la défense du MNA (Mouvement National Algérien).

-1962 : Elle publie avec Sartre et Simone de Beauvoir, le dossier « Djamila Boupacha », qui sort chez Gallimard

-1967 :  Gisèle Halimi préside la commission d’enquête du tribunal Russel, sur les crimes de guerre perpétrés par l’armée américaine au Vietnam.

-1971 :  Parmi les signataires du manifeste des 343, des femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le droit à l’accès aux moyens anticonceptionnels et à l’avortement, Gisèle Halimi n’hésite pas a mette sa notoriété au profit de cette cause. Elle milite ainsi pour la dépénalisation de l’avortement. La même année, elle fonde avec Simone de Beauvoir,le Mouvement féministe Choisir la cause des femmes. Pendant la guerre d’Algérie, elle se rapproche de plus en plus de Jean Paul Sartre et de Simone de Beauvoir.

-1972 : L’avocate se trouve au cœur  d’un procès à scandale, le procès de Bobigny. Elle défend la jeune Marie-Claire, une jeune fille ayant avorté après un viol. L’affaire prend une telle tournure médiatique, qu’en mars et avril 2006.

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-1973 :  Elle sort chez Grasset « La Cause des femmes » et « Avortement, une loi en procès » paru chez Gallimard

-1981/1984 : L’avocate est par la suite élue à l’Assemblée Nationale

-1985/1989 : Gisèle Halimi est nommée ambassadrice de la France à l’UNESCO par le conseil constitutionnel

-1988 : Elle s’écrit dans une autobiographie publiée chez Gallimard du nom de « Le Lait de l’oranger ». En 1988, elle s’exprime dans une œuvre intitulée « Avortement, une loi en procès »paru chez Gallimard

-1989 : elle devient conseillère spéciale de la délégation française à l’Assemblée générale de L’Organisation des Nations Unies.

-1994 :  Gisèle rejoint Jean-Pierre Chevènement pour les élections européennes, déçue par un François Mitterrand qu’elle estime machiavélique

-1996 /1998 : La militante préside la commission politique de l’Observatoire pour la parité

-1997 :  Gisèle écrit « La nouvelle cause des femmes », chez Seuil.

-1999 : Elle écrit “Fritna” où elley décrit son enfance, son rapport à sa mère, son désir d’être aimée par elle, l’incompréhension de ce rapport, de cet amour maternel tant désiré.

-2006 : Elle est élevée au grade d’officier de la légion d’honneur avec la promotion de Pâques 2006

-2009 : Gisèle écrit également « Ne vous résignez jamais » sur ses années d’engagement.

-2013 : Elle est promue Commandeur de la légion d’honneur.Avocate

Côté vie intime, Gisèle Halimi a mis au monde 3 garçons : Jean-Yves Halimi, avocat ; Serge Halimi, dirctur du monde diplomatique et Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1.

Insoumise, féministe, révolutionnaire, elle est l’élément incontournable des batailles contre les injustices infligées aux femmes et a toujours été de tous les combats aux côtés des minorités, elle est la femme tunisienne qu’on aimerait toutes être.

S.A

 

 

 

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