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Histoire et anecdote à l’origine du dicton “قنديل باب منارة ما يضوي كان على براني”

Histoire et anecdote à l’origine du dicton “قنديل باب منارة ما يضوي كان على براني”

Vous avez sans doute entendu ce dicton “قنديل باب منارة ما يضوي كان على براني”, dont la traduction littérale est ” la lanterne de Beb Mnara n’éclaire que l’étranger”. Cette expression est très souvent utilisée dans le dialecte tunisien.

“براني” barrani désigne l’étranger ou le dehors. Faisant référence à la lanterne qui a été placée à l’extérieur de la porte “Beb Mnara”, elle n’éclairait que l’extérieur et l’étranger, les tunisiens se sentant lésés et en font une anecdote. Voici donc toute l’histoire que nous a raconté Docteur Seif Karoui.

Autour de la ville de Tunis, le premier cordon, entrepris sous le règne des Aghlabides et dévelopé par les Hafsides est percé par les portes : bab Bhar, bab el Jazira, bab Jedid, bab Mnara, bab Bnet,bab Alouj, bab Souika, bab Carthagenna et la boucle se referme à bab Bhar.
Ces portes s’ouvraient le jour pour permettre les échanges avec les étrangers et se refermaient la nuit pour ne garder, intra muros, que les médinois. Toutes ces portes ont une histoire anecdotique dont la plus pittoresque et la plus célèbre est celle de bab Mnara en raison de ce célèbre dicton encore d’usage dans notre dialecte Tunisien: ” kandil bab mnara ma yedhwi ken 3al braynya”
Cette porte située à l’ouest de la médina prend ce nom de ” porte du fanal ” sous le règne des Hafsides en raison d’une lampe à huile qui au lieu d’illuminer l’intérieur de l’enceinte, elle était installée à l’extérieur dans une niche d’un des piliers de la porte pour éclairer la nuit la route des caravanes, elle est aussi surnommée ” porte de la folle”.
Non loin de cette porte existait une caserne de miliciens chrétiens recrutés par les sultans .

Une métaphore qui exprimerait le ressentiment engendré par la gêne ressentie, celle de voir privilégier l’étranger à l’enfant du pays. De nos jours, nous persisterons à employer cette expression pour dénoter un dévouement qu’une personne peut avoir pour un autre pays, une personne étrangère ou à tout ce qui est extérieur au “dedans”. Le Tunisien, comme si baignant dans un placenta contenant, aurait attendu depuis longtemps, sa lumière bienveillante.

Astarté

 

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