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Portrait : Il était une fois Ismail El Hattab.

Portrait : Il était une fois Ismail El Hattab.

Sautant du Bédoui au Salhi, des Mawawils à la Nouba, Mélangeant les styles et chavirant les cœurs, Ismail El Hattab est l’incarnation de l’authentique tunisien, l’esprit d’une génération de patriotes qui ont vécu la colonisation ainsi que l’indépendance et ont reflété leur passion révolutionnaire à travers leurs chansons.

Né à Jbenyana à proximité de Sfax en 1925, le fils aîné d’une famille de paysans a grandi dans un contexte de colonisation où la culture Fellagha était au summum de sa gloire. Les femmes chantaient les louanges des guerriers des montagnes, figures mythiques de la résistance tunisien, cachés entre les dunes, sautant des trains en marche pour échapper aux soldats français. Ismail El Hattab, un fervent patriote était touché par l’atmosphère révolutionnaire de l’époque, ce qui a influencé le style musical qu’il a adopté pour toute sa carrière.

El Hattab s’empara d’un style musical folklorique proche des cœurs des tunisiens, et de la classe ouvrière en particulier. Il réussit à redonner la vie à ce style, dans lequel la flûte traditionnelle appelée Gasba est harmonieusement mélangée au percussions de la Tabla.

Il chanta pour les révolutionnaires du Jbal ; Ma Bin El Wedyen, El Gafla Tsir et El Khamsa li lahgou be Jora, un hommage au fameux résistant Daghbagi. Il a chanté aussi de beaux textes d’amour comme Dazitili Hani Git, Marhoum elli Sama 3icha, Ya warda 3al bir et Andi Ghzala…

Douze ans après sa mort, Ismail El Hattab demeure extraordinairement populaire. Outre son charisme, sa posture virile et sa voix graveleuse, c’est assurément son appartenance à l’imaginaire révolutionnaire qui rend son souvenir aussi vivace dans une société terriblement désenchantée.

L’esprit de cette légende de la chanson populaire ne mourra jamais.

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