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Il était une fois… le rossignol de la banlieue

Il était une fois… le rossignol de la banlieue

Mélodies suaves de la musique arabe et rythmes chaloupés du malouf imprégné de musique arabo-andalouse ont marqué le patrimoine musical des années 30 en Tunisie. A l’époque, quand elles passaient à la radio, tout le monde fredonnait les chansons d’Ali Riahi, mais le connaissez-vous réellement?

Ali Riahi, souvent appelé Sidi Ali en signe de respect et de reconnaissance, était un chanteur et compositeur tunisien né le 30 mars 1912 et décédé le 27 mars 1970 à Tunis.

Maintes déboires mais une volonté inébranlable.

Pour Sidi Ali, le chemin du succès fut semé d’embûches. En effet, ses premiers concerts en 1935 et en 1937 ne connurent pas un grand succès. Mais cela ne le démotiva pas, bien au contraire. Il n’abdiqua point et devint «  l’incontournable artiste de la scène tunisienne ».

Le troubadour des années 30.

Ces années là furent marquées par le chant à la fois espiègle, langoureux et mélodieux d’Ali Riahi. Il était la coqueluche du public féminin qui était en admiration devant son look souvent excentrique et racé. Il offrait en effet selon Hamadi Abassi « l’image d’un dandy anticonformiste mais sincère et authentique ». Chanteur tunisois et citadin mais ayant une nette préférence pour le répertoire bédouin, ses compositions célébrèrent principalement l’amour et révélèrent ainsi son attachement aux valeurs et principes nobles de la société rurale.

Bonhommie, jovialité et modestie.

Vénéré par tout le monde, nul ne pouvait rester insensible face à sa bouille, sa bonne humeur et ses manières légèrement efféminées et son humilité. Grand artiste, mythe vivant, il avait marqué plus d’une génération, en témoignent certaines chansons de son patrimoine qui sont, aujourd’hui encore, des classiques de la musique tunisienne. Citons les indémodables titres « zahr el banafsaj » et « ana ki tir ».

Seuls les plus grands meurent sur scène.

Sidi Ali quitta ce monde, comme il l’avait souhaité, sur scène, suite à une attaque cardiaque. Son dernier Adieu, il le fit à son public qui l’adulait et le vénérait. Ses dernières paroles furent « Gatlitni min ghir slah » (elle m’a tué sans armes.)

Jusqu’à nos jours, il demeure une figure emblématique de la chanson tunisienne.

https://www.youtube.com/watch?v=9FzkYdWUc7E

© Yasmine Kassar

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