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La Nouba, notre identité Tuniso-Andalouse

La Nouba, notre identité Tuniso-Andalouse

La Nouba est un style musical compris dans la catégorie du « Malouf tunisien ». Il est aussi bien répondu en Algérie à Constantine et à l’Est du Maroc. La Nouba est une suite qui alterne chant et compositions instrumentales. Le mot d’origine veut dire « attendre son tour » ; les musiciens se succédaient, chacun à sa « Naouba », pour chanter devant le Calife.

À l’origine, il y avait 24 noubas. Aujourd’hui il n’en reste que douze dans leur intégralité. Cependant, leur interprétation varie selon les écoles. La nouba enchaîne des modes musicaux différents comme le Sikah, le Mazmum, le iràq, le Hsin, le rmal etc.

Musique de cour par excellence, musique des élites et des sultans, la Nouba fut introduite en Andalousie par le fameux Ziryab. Beaucoup de musiciens, musulmans et juifs confondus, durent fuir les royaumes catholiques d’Espagne et du Portugal pour se réfugier dans le Maghreb. Ils ouvrirent des écoles et ces écoles, mêmes voisines géographiquement, interprètent le genre musical différemment, d’où la naissance de différents styles comme le Malouf, le Gharnati etc. La Nouba s’est ensuite répandue dans quelques pays du Maghreb et Mashreq, lui conférant en chaque lieu, des caractéristiques propres.

La Nouba tunisienne puise dans les formes poétiques du genre classique (Qasida) ou post classique (Muwashahat et Zajal). Les Abyat par lesquels commence la Nouba sont généralement en arabe littéraire, le reste est en dialecte tunisien. Les poèmes parlent souvent d’amour, de nature, de vin ainsi que d’autres thèmes ayant trait à la vie mondaine. Certains khatm abordent cependant des sujets religieux, prônant la piété et implorant la clémence divine.

La Nouba est exécutée généralement par des instruments de cordes dont les principaux sont l’Oud tunisien, la Rebec à deux cordes, le violon et le Qanun. À partir du 20ème siècle, les musiciens tunisiens ont commencé à introduire d’autres instruments comme le Ney, le Tar et la Darbouka. La Rachidia est l’une des écoles qui ont révolutionné l’art de la Nouba et du Malouf. De nombreux musiciens et chanteurs tunisiens de Mezoued, de Bedoui et de Hadhra se sont inspirés de la Nouba pour faire les plus belles fusions, Ismail El Hattab en particulier.

Aujourd’hui, les régions de Testour et de Slimane, ayant une population majoritairement andalouse, sont connues par l’art de Nouba toujours présents lors des mariages et des fêtes familiales. Tous les tunisiens se rappellent du spectacle exceptionnel de la Nouba à Carthage en 1991 qui avait réuni les plus grands artistes de la Tunisie, de Lotfi Bouchnek, à Lilia Dahmani à Ismail El Hattab.

https://www.youtube.com/watch?v=-1SwelH014A

 

Rihab Hafidhi

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