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La responsabilité d’une génération

La responsabilité d’une génération

Nous avons tous vécu les événements tragiques survenus à la fin de la semaine dernière en Tunisie avec la décapitation du jeune Mabrouk Soltani, les attentats de Beyrouth et ceux de Paris . Ces événements qui sont la manifestation du danger global qu’est le terrorisme, ont suscité beaucoup d’interrogations allant jusqu’à la confusion pour certains. Pourquoi tant de haine ? Dans quel monde allons-nous vivre dans dix, vingt ans ? À quoi ressemblera la Tunisie dans quelques années ? Dans quelle Tunisie vont vivre nos enfants ? Où va le monde ?

Autant de questions légitimes qui traduisent l’inquiétude des uns et des autres. Toutefois, cela ne doit pas se transformer en paranoïa générale et céder la place au désespoir. La vie d’une nation comme la vie des Hommes peut traverser des heures difficiles, des heures mouvementées et des heures graves, elle peut connaître des hauts et des bas mais on n’enterre jamais une nation. Il faut se battre et ne jamais baisser les bras. Une grande résistante française qui n’est plus de ce monde, Lucie Aubrac, ne cessait de répéter cette phrase : ” Le verbe résister se conjugue toujours au présent “.

La vie doit toujours prendre le dessus, se battre vaille que vaille jusqu’à ce que la tendance se renverse et arrive le jour où on verra une Tunisie prospère et débarrassée de ses démons. Seule et unique condition, cela dépendra de nous et de notre volonté .

Une partie non négligeable de la société civile, dynamique et animée de bonnes intentions, est déjà passée à l’action, les initiatives citoyennes sont légion. Chacun de nous doit s’investir parce que ces initiatives sont vitales. Car si l’indifférence, la passivité et la léthargie persistent, la Tunisie de demain sera divisée et affaiblie. Nous ne voulons pas que les haines soient attisées, que les sentiments d’exclusion persistent et que les ressentiments prennent le dessus. Nous ne voulons pas d’une société fracturée où les uns se dressent contre les autres. Une société marquée par l’égoïsme et le chacun pour soi, exacerbe les haines et nourrit l’extrémisme. Le seul remède est la solidarité. La Tunisie, nous la voulons une et indivisible.

Certainement les États, leurs institutions, leurs appareils sécuritaires et leurs services de renseignement ont pour mission de lutter contre le terrorisme. Cependant, les citoyens et les jeunes générations peuvent en faire autant et ce en luttant contre la radicalisation et les assassins de la modernité.

Les artistes, les jeunes artistes ont un rôle clé. Certes l’éloquence du verbe est efficace, elle permet d’exprimer les états d’âme d’une société. Mais l’art est plus percutant, plus saisissant et s’inscrit dans la durée. Les peintres, les sculpteurs, les cinéastes, les photographes, les artistes contemporains et les acteurs de théâtre ont un rôle crucial dans de tels circonstances.

La Tunisie doit aussi renouer avec l’Islam de la paix, le soufisme. Le courant mystique de l’Islam rejette la violence et a pour objectif de débarrasser l’individu de l’égo sensible au mal . C’est le travail sur soi. Le vrai djihâd. La solution n’est ni l’extrémisme religieux ni le rejet de la religion. La solution est de concilier authenticité et modernisme. Le chemin est long mais l’aventure est passionnante. Les jeunes doivent être les maîtres de leur destin et ne pas céder au fatalisme. Façonner l’avenir de son pays est le plus beau projet auquel peut participer un individu.

À la fin de cet article, le premier que j’écris pour le Wepost Mag,  je tiens à féliciter Feriel Mathlouthi et Nefissa Djilani pour ce projet ambitieux et innovant qui enrichira certainement le paysage médiatique tunisien. Je leur souhaite ainsi qu’à toute l’équipe du Wepost magazine le plus grand succès .

© Chedly Mamoghli

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