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Schizophrénie sociale : que se passe-t-il dans la tête des Tunisiens ?

Schizophrénie sociale : que se passe-t-il dans la tête des Tunisiens ?

La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît généralement au début de l’âge adulte, mais dans notre petite société, toutes les catégories s’avèrent être touchées.

Dans une société qui revendique son ouverture d’esprit et qui prône son appartenance à la culture européenne, peut-on vraiment se prévaloir à cette dite liberté ? Ou devrons-nous faire face au révère de la médaille qui consiste à être constamment pointé du doigt ?

Si je vous parle des Journées Cinématographiques de Carthage ou JCC, vous allez me dire quel rapport y a-t-il entre le titre de l’article et le festival ; ceci ne saurait tarder. En effet, qu’avons-nous vraiment retenu de la semaine mouvementée qui vient de s’écouler ?

La pudibonderie tunisienne.

Hormis le tragique attentat qui a touché notre petite capitale et le semblant de deux-trois mots de soutien de la part de notre cher gouvernement, un certain nombre de décolletés a retenu l’attention de nos chers compatriotes. Oui, oui, quelques petits ( parfois moins petits ) balcons, sans que l’on puisse comprendre pourquoi.

tu

Habitués à la typique ” Fouta et Blouza ” pour toute occasion, comme nous l’a fait remarquer le jeune Dorra Zarrouk, je ne vois pas en quoi un échancré viendrait perturber le déroulement de la cérémonie – ou même la vie de tous les jours d’ailleurs.
Pourquoi sommes-nous si choqués de voir ” l’abondance de notre patrimoine méditerranéen ” sur notre tapis rouge et ne manquons pas de les scruter quand il s’agit d’un film, un festival, un défilé… alors que nous allons jusqu’à créer des pages qui leur sont dédiées comme nous l’avait montré ” Dicoulti ” (compte Instagram qui postait des photos de décolletés, véritable phénomène qui a fini par être victime des signalements à répétition).
N’est-ce pas déconcertant ?

Et puis si on parlait de sexualité ?

chut

Ah oui mais non, c’est pas possible ; ce serait une honte. Parce que oui, au 21ème siècle, en Tunisie – pays se disant libéral -, la sexualité demeure un sujet tabou.
Les relations sexuelles ; longtemps pratiquées, souvent en secret, et ce dans une absence totale d’éducation, aboutissant souvent à des situations ridicules, parfois traumatisantes. Oui, car demander conseil en viendrait à avouer son activité sexuelle, chose qui n’est pas “halal”.
Oh, et puis en parlant de ces jeunes justement ; ces jeunes hommes qui sont tous contents de se trouver une partenaire avec qui expérimenter certaines choses (parfois sordides), mais qui jamais – Ô grand Dieu JAMAIS – ne choisiraient une telle partenaire comme épouse : hypocrisie sociale quand tu nous tiens.

Ne nous attardons pas et évitons de nous aventurer sur le terrain de l’orientation sexuelle ; non pas que je sois contre les diversités d’appartenance, mais comme nous l’a si gentiment montré notre cher gouvernement : “tout individu á droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne” n’a pas lieu d’être dans notre société.

Tant de choses restent à aborder, tant de mentalités restent à changer.
Qui blâmer lorsque tout un système est à revoir ?

©Alyssa Slim

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