Now Reading
Le fossé social, un mal incurable ?

Le fossé social, un mal incurable ?

La Tunisie fut longtemps considérée comme un modèle de mobilité sociale. Tout n’y était pas parfait, mais elle connaissait un mouvement continu qui allait dans le bon sens. Aujourd’hui, les inégalités sociales continuent de s’accentuer. Un phénomène amplifié par la crise et par la sécurité économique qui (n’ayons pas peur de le dire) bat de l’aile.

Le fossé entre les classes sociales semble se creuser chaque jour au point de devenir vertigineux. La certitude du lendemain est désormais un privilège et force est de constater que la “machine Tunisie” ne fonctionne plus. Du moins, elle ne fonctionne plus pour tous les tunisiens.

L’époque où les parents étaient persuadés que leurs enfants gagneraient plus qu’eux, est bel et bien terminée. L’époque des bisounours n’est plus . Allahou Akbar ! Visiblement on est partis pour cristalliser les injustices et les différences.

Nous sommes très “à la page” ou très “men oura leblayek” .  Très croyants ( tout devient “La yajouz” ) ou  mécréants au plus haut point  ( l’organe génital masculin fait office de virgule dans toutes les phrases)  . Nidaaistes ou Nahdhaouis. Aatakni ou Annakni. Ancien régime nouveau régime. Patrons en Range Rover ou employés en Peugeot 103. Du sud ou du nord.. Vous connaissez la suite. Si en plus, nous sommes privés de cigarettes, on n’est vraiment pas sortis de l’auberge !

Ceci n’est pas une blague. Aujourd’hui, on en est malheureusement là; et face à cet étalage de contradictions démesurées au sein d’une même société, en l’occurrence la nôtre, les frustrations rôdent. La dignité se vend pour certains au marché des esclaves  (“Karama b’alfine ya si Yassine”), alors que le pouvoir, pour d’autres gagne du terrain. Une folie furieuse qui génère donc un véritable mal-être psychologique et un ascenseur social EN PANNE.

Nous sommes 11 millions de personnes  à vivre en mode low cost ou hyperluxe,  autrement dit, le soucis de Lella Aicha, qui est de s’acheter une Rolex à 30.000 dt, est loin d’être le soucis de Madame Monia qui n’a qu’une seule envie :  payer la facture d’électricité. Vous saisissez ?  Nous sommes rentrés dans une zone de turbulence extrême.

En ces temps de fracture sociale, il est bon de se remémorer les doux mots de Hassan II, Roi du Maroc en 1934 :

“La Tunisie ne sera jamais déstabilisée, parce que la Tunisie est un peuple, et on ne déstabilise jamais un peuple.. Il faudrait plusieurs bombes atomiques pour l’effacer de la carte complètement”

 

Ce n’est vraiment pas pour “pleurer ma Tunisie”,  mais  je suis vraiment nostalgique de cette époque, une époque où le peuple tunisien était tant envié par le monde. Où le citoyen tunisien était serein quant à la tranquillité de son union et de sa solidarité.

Mais, je garde espoir. A vrai dire, j’ai envie de garder espoir pour notre présent et notre futur.

On veut tous changer, mais on attend qu’on nous change ? Qu’est ce qu’il nous faut au juste pour avancer ? Une révolution intellectuelle ? Une révolution des mentalités ? Et bien il est temps. Retroussez vos manches et faîtes appel à vos neurones. J’aurais été Hollande, je vous aurais bien dit “Le changement c’est maintenant” ! Mais non ..  C’était juste un petit coup de gueule qui j’espère, ne deviendra pas quotidien.

©CE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Facebook Comments


All Rights Reserved © 2020 Wepost Magazine. Made with Love By WEBIWEBI STUDIO.

Scroll To Top