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Le salafiste et les Femmes démocrates

Le salafiste et les Femmes démocrates

Dans un post sur sa page officielle sur Facebook, le prédicateur de mouvance wahhabite Béchir Ben Hassen s’est attaqué à l’association tunisienne des Femmes démocrates et à sa présidente fraîchement élue Monia Ben Jémia qui a affirmé que les Femmes démocrates allaient revendiquer l’égalité en matière d’héritage.

Il faut dire que les Femmes démocrates et le fameux prédicateur de Msaken ont une vision diamétralement opposée de la société.

Les premières sont connues et reconnues pour leur indépendance politique. Leur seul et unique vecteur est le progressisme, que se soit en matière institutionnelle en œuvrant à l’instauration de la démocratie ou en matière de promotion des droits des femmes.

Quant à Béchir Ben Hassan, on ne lui connait aucun background scientifique ou religieux. En lieu et place de prestigieux diplômes théologiques, c’est par les faits divers et les prises de position rétrogrades qu’il s’est fait connaitre. Son différend avec son épouse française à laquelle il aurait soustrait de façon illégale la garde de ses enfants en dit long sur le personnage. Sa haine viscérale des confréries soufies qu’il considère comme relevant de l’associationnisme ( al chirk ), sa guerre contre le modéré Cheikh Othman Battikh et son soutien immodéré à Moncef Marzouki, sa haine de l’Iran chiite et son amour des prédicateurs wahhabites du Golfe révèlent la mentalité de Béchir Ben Hassen. Très actif sur les réseaux sociaux et sur YouTube, il fait tout pour élargir son audience et répandre son discours.

Aujourd’hui, il s’attaque d’une manière méprisante aux Femmes démocrates. Qu’il soit contre la parité en terme d’héritage, c’est son droit absolu. Mais delà à faire croire que l’Islam est en danger afin  de haranguer les foules et de mettre de l’huile sur le feu dans un pays qui connait assez de tension, cette attitude est inacceptable et dangereuse.

Rappelons que l’Association des Femmes démocrates a été présidée entre autres par Khédija Chérif, Sana Ben Achour, Ahlem Belhadj et aujourd’hui par Monia Ben Jemia, toutes ayant reçues une solide formation juridique et militant pour que le droit soit un vecteur de progrès dans une société où les forces rétrogrades sont plus que jamais puissantes.

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