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Le tunisien, Facebook et la liberté d’expression

Le tunisien, Facebook et la liberté d’expression

Bientôt 5 ans depuis le fameux « dégage », le cri tunisien qui a chassé la dictature et accueilli la démocratie avec, en bonus, la liberté d’expression. Finie la censure, fini le mutisme ! Désormais, on peut crier haut et fort ce qu’on pense… Et il faut dire que les tunisiens ne se privent plus de ce droit. Armés de Facebook, ils usent et abusent de cette liberté d’expression acquise récemment et publient tout ce qui leur passe par la tête. Voici pour vous, trois profils de tunisiens qui ont peut être un peu trop exagéré avec la liberté d’expression. 

1) Le Tunisien, ange de la mort

Te voilà parcourant tranquillement ton accueil et puis, hop ! Tu tombes sur le statut d’un de tes amis qui dit qu’une certaine personne connue est morte. Tu lis les commentaires, ils sont partagés entre choc, émotion, pleurs, des commentaires du genre « Allah yarhamhou, kén ness tayba, ” Tounes 5asret insen 3alami». Oui, parce que, chez nous, si quelqu’un meurt, il est fort possible qu’on en tombe soudainement amoureux, même si juste avant sa mort on l’insultait et le traitait de tous les noms, ou pire, on le connaissait même pas !

Un conseil, méfiez-vous de ce genre de publication, parce que pendant que vous pleurez la mort de votre nouvelle idole, elle doit sûrement être en train de siroter un cocktail à Hawaï.

2) Le Tunisien, statisticien d’un jour

Depuis la révolution, les sondages se sont multipliés et permettent de connaitre les avis de la population sur les partis ou les personnalités politiques, le gouvernement etc. Nous pouvons ainsi avoir une bonne idée sur les tendances au sein de notre pays… “Excellent !” dirait-on… Mais déjà faudrait-il que cette enquête soit faite par des professionnels… Ce qui n’est pas toujours le cas ! Parce que, oui, plusieurs de nos chers concitoyens se sont improvisés statisticiens. Et les résultats sont parfois très drôles… Qui n’est jamais tombé sur un statut du genre “En Tunisie, 98% des jeunes se droguent” ou “70% des tunisiens commencent à boire à l’âge de 12 ans” ! Des fois on a envie de demander d’où ils ramènent leurs sources !

3) Le Tunisien, sacré porte-parole d’hommes politiques

Faire en sorte que la voix de chacun s’entende mais attribuer de faux dires à quelqu’un c’est mal, mais pourtant ça ne t’empêche pas de voir sur Facebook un message du genre : M. X, le chef du parti Y accuse M. Z d’un coup monté contre l’état. Ce type de déclaration, aussi petite soit-elle sème la zizanie, crée des polémiques et perturbe nos pensées.

Les intox sur Facebook n’en finissent pas. La liberté expression est un bien précieux que nous avons acquis. Stoppons alors ces exagérations “Made In Tunisia” et aidons-nous à améliorer notre qualité de communication. Faisons que l’actualité tunisienne, même sur Facebook, ait plus de valeur. Oui, nous pouvons y arriver, l’impossible n’est pas tunisien !

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