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L’histoire des portes de la Médina de Tunis

L’histoire des portes de la Médina de Tunis

Au début du IXe siècle, Tunis était considéré comme une base militaire importante, d’où l’existence des diverses portes disséminées dans la ville ; elles étaient reliées entre elles par de hauts murs. L’ensemble constituait les fameux remparts de la Médina.

Chaque Bab (porte) de la Médina rappelle une sainte personne, une certaine période de l’histoire de la ville, l’ancienne topographie de Tunis.

  • Bab Bhar “Porte de la mer”

Ainsi était appelée parce qu’elle est située du côté du lac et de la mer, appelée par les Européens «porte de France». Elle mettait en communication la Médina avec la petite darse qui existait à l’emplacement de la statue Jules-Ferry et qui a disparu après le creusement du port de Tunis. Elle a subi de nombreux remaniements.

  • Bab Souika “Porte du marché”

Instituée en l’honneur de Sidi Mehrez, c’était une porte très importante qui commandait primitivement l’accès des routes de Bizerte, de Béja et du Kef, fonction dévolue plus tard à Bab Saâdoun.

  • Bab El Benat “Porte des jeunes filles”

Porte disparue depuis longtemps, mais le boulevard a conservé le nom. Elle a été ainsi appelée parce que le fondateur de la dynastie hafside, Abou Zakariya (1223-1249) avait recueilli les 3 filles de son ennemi Yahya Ben Ghariya et les avait élevées comme ses propres enfants dans un palais qui se trouvait à proximité de la dite porte. Cette porte avait surtout pour fonction de mettre la ville en communication avec le quartier résidentiel assigné à la parente-chrétienne des hafcides.

  • Bab El Menara “Porte du fanal “

Nommée ainsi selon une tradition qui nous a été rapportée, à cause d’un phare qui surmontait l’ancien palais des Beni Khorassain. Suivant une autre explication, il s’agirait d’une grosse lampe à huile qui était placée dans une niche d’un des piliers de la porte et qu’on allumait la nuit pour éclairer les caravanes qui longeaient la route des remparts qui était construite en 1276. Mais l’ouverture de cette porte est certainement antérieure à cette date, vu sa fonction qui était celle de mettre la Médina en communication avec le faubourg d’El Haoua.

  • Bab Jedid “Porte neuve”

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une porte qui fut neuve ou nouvellement construite au début de l’époque hafside.
Les Européens l’appellent porte des forgerons, parce qu’elle donne accès au Souk des artisans exerçant ce métier. Sa baie est constituée par un arc outre passé qui repose sur des piliers pris dans la masse.

  • Bab Al Djazira “Porte de la presqu’île”

Orientée vers le Cap-Bon, elle représente l’une des plus vieilles portes de Tunis qui donnait passage aux voyageurs qui se rendait à Kairouan. Elle débouchait sur la rue des teinturiers avant sa disparition totale. Elle était assumée par Bab Alioua, située dans la même direction méridionale, sur la deuxième enceinte fortifiée, celle-ci étant devenue la principale ligne de défense de Tunis.

  • Bab Saâdoun

Elle a été ainsi nommée grâce à un homme pieux du nom de Sidi Bou Saâdoun qui vivait dans le voisinage de cette porte au XVe siècle.
A partir de 1881, cette porte qui avait une seule baie fut démolie et remplacée par la magnifique porte à 3 baies afin de répondre au besoin du trafic routier.

  • Bab Sidi Abdesselem

La porte fut appelée ainsi en référence au saint homme sidi Abdessalem El Asmar (1475-1573), construite sous Hammouda Pacha. Le borj qui défendait Bab Sidi Abdessalem abrite actuellement les bureaux des «Amitiés Africaines». A proximité de cette porte, se trouve une fesqia, vaste réservoir d’eau édifié sous les Hafcides, et que le rebat de Sidi Abdessalem avait aussi une mission de protection.

  • Bab El’ Assel

Cette porte tire son nom de Ben Assel, riche famille qui habitait dans les parages. L’ouverture de cette porte est postérieure à 1881.

  • Bab El Khadra “Porte d’accès aux champs de verdure”

Elle s’ouvrait sur des champs verdoyants des cultures maraîchères et arbustives. Cette porte, défendue par un bastion, commandait les routes de Carthage et de l’Ariana. Son rôle économique et stratégique entraîna la disparition de Bab Carthagena. Après 1881, la baie unique a été remplacée par l’ensemble monumental actuel qui donne un cachet pittoresque à ce quartier.

  • Bab El Fella “Porte de déroute”

Cette porte disparue vers 1890 et la rue qui la reliait à Bab Al Djazira en a conservé le nom. Cette porte se serait d’abord appelée Beb El Fellaq «porte de la brèche» à cause d’une large brèche qu’on y voyait tout à côté. Puis, lors de la prise de Tunis par Charles Quint, en 1535, les habitants s’étant enfui par cette porte à l’approche des Espagnols. Son nom aurait été modifié en celui de Bab El Fella «la porte de déroute»

  • Bab Allioua “Porte du petit étage”

Elle était surnommée ainsi à l’origine d’une petite construction qui servait de poste de guet pour surveiller les routes. C’est une très ancienne porte que Barberousse utilisa pour entrer dans Tunis. On l’a appelée la porte des caravanes, parce qu’on y voyait passer les files de chameaux qui transportaient vers Tunis les céréales et les huiles du Cap-Bon et du Sahel. La baie a été fort élargie pour les besoins de la circulation routière par la Direction des travaux de la ville.

Source : commune-tunis.gov.tn

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