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Mohamed Daghbaji, un héro oublié de la mémoire nationale

Mohamed Daghbaji, un héro oublié de la mémoire nationale

Originaire du sud, révolutionnaire et martyr de la nation, Daghbaji est l’un des symboles de la résistance tunisienne, un symbole oublié et complètement effacé de la mémoire collective.

Il était connu pour son courage, son amour pour la patrie et son dévouement à la lutte contre l’occupation française. Il était la bête noire des colons de 1917 à 1924. De célèbres combats témoignent de son courage ; Khanguet Icha et Jalbania. Aujourd’hui on vous fait le portrait d’un homme qui a donné sa vie à la nation.

Mohamed Daghbaji, de son nom complet Mohamed Ben Salah Daghbaji, est né en 1885 à Wadi Ezatoun, un petit bourg situé à 30 Kilomètres d’El Hamma, Gabes. Il suit un service militaire aux rangs de l’armée française de 1907 à 1913. Suite aux victoires des résistants libyens et tunisiens, il décide de déserter l’armée française et intégrer le mouvement de résistance tunisienne dirigé par Ali Ben Khlifa. En 1915, Daghbaji fuit le camp de Dhhiba à Tataouine avec cinq de ses camarades et organisa alors des attaques contre les camps militaires des autorités coloniales dans le sud du pays.

Daghbaji mène notamment la révolte du 2 Janvier 1920, ou ce qu’on appelle l’opération de Zallouza avant de rejoindre un groupe de militants en Libye qui mena plusieurs opérations réussies en Tunisie, tuant des dizaines de soldats français.

L’armée française, n’ayant pas trouvé d’autres moyens de se venger, décida de se tourner vers la tribu de Daghbaji, les Béni Zid, en emprisonnant les hommes et en affamant les femmes et les enfants.

Mohamed Daghbaji, continua son chemin de résistance et mena plusieurs batailles mémorables comme « Khanguet Icha », « El Mahfoura » et « El Maghdhia » prêt de Sfax où il a faillit mourir après s’etre encerclé lui et ses camarades par 300 soldats français. Le 27 Avril 1921, un tribunal français condamna Daghbaji et ses compagnons à la peine de mort. Il fuit alors en Libye où il fut capturé par les autorités italiennes qui l’ont remis aux français pour être exécuté sur la place du Souk à El Hamma le 1er Mars 1924. Au moment de son exécution, il refusa de mettre le bandeau noir sur ses yeux et en voyant sa mère pleurer, il lui a dit : « N’aies pas peur pour moi, je ne crains pas les balles de l’ennemi, ni la mort pour l’honneur de mon pays ».

L’histoire de Daghbaji devrait être racontée et apprise aux générations actuelles et futures. L’histoire d’un homme qui a tout donné pour son pays et s’est livré à la mort avec une bravoure mythique. Hommage à Daghbaji, Ben Khlifa, Ben Aoun et tous les héros du Sud tunisien qui ont écrit de leur sang les meilleures pages de notre histoire.

 

 
Rihab Hafidhi

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