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Naâma, une légende de la musique tunisienne

Naâma, une légende de la musique tunisienne

Naâma, de son vrai nom Halima Bent Laroussi Ben Hassen Escheikh, née le 27 février 1936 à Azmour, est une chanteuse tunisienne.

La petite Halima grandit dans une famille de mélomanes, Son père Si Laâroussi était féru d’art et de chant, puisqu’il se produisait dans les grandes fêtes. Il a été également militant, connaissant l’emprisonnement et les exactions. Sa mère Khédija Bent Boubaker chantait durant les travaux ménagers. Après la mort de sa sœur Fatma et le divorce de ses parents alors qu’elle n’a que six mois, Halima part pour Tunis en compagnie de sa mère et s’installe chez des amis de son oncle dans la médina.

Elle fréquente alors la demeure de Béchir Ressaïssi, le premier promoteur de disques en Tunisie. Un lieu fréquenté par les sommités artistiques de l’époque : Ali Riahi, Saliha, Fethia Khaïri, Sadok Thraya, Hassiba Rochdy, Hédi Jouini…

Mariée à l’âge de seize ans à Abed Dérouiche, qui cherche par tous les moyens à lui imposer d’arrêter de chanter, Halima tient bon, s’oppose à sa famille sur ses projets de carrière artistique ; elle chante dans des soirées privées données dans son voisinage .

Au milieu des années 1950, elle rejoint La Rachidia où Salah El Mahdi, qui la prend sous sa coupe après avoir entendu l’une de ses prestations, lui donne un nom artistique sous lequel elle est connue depuis ; il lui compose également une première chanson sur des paroles de Mohamed Jamoussi, Ellil ah ya lil jit nechkilek. Il la fait se produire lors des concerts de l’institution diffusés à la radio nationale. Le premier concert public que Naâma anime est organisé à Sfax.

Plus forte que tous les archaïsmes imaginables, notre grande cantatrice est «dure à cuire». Elle finit  par imposer la loi de sa passion qui est la plus forte. Immanquablement, comme une récompense, son talent va la conforter dans son choix, ce qui, avouons-le, n’était pas très simple en ces années-là de conservatisme pur et dur.

Une fois sur scène, Nâama dégage une énergie communicative par ses chansons chargées de poésie populaire. Avec Oulaya, elle incarne les aspirations d’une jeunesse en quête de nouvelles mélodies. Si Oulaya préfère partir pour Le Caire, à la recherche d’une reconnaissance au Moyen-Orient, Naâma reste fidèle à son public tunisien. Le répertoire de Naâma comprend plus de 500 chansons dont plusieurs poèmes mis en musique.

 

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