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“Quand je vois aujourd’hui comment nous les recevons, j’ai honte et je suis triste.”

“Quand je vois aujourd’hui comment nous les recevons, j’ai honte et je suis triste.”

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J’ai honte et je suis triste. Entre 1989 et 2004 j’allais deux à trois fois par an en Syrie. C’est un des pays où j’ai été le mieux accueilli sur cette planète. Combien de fois, au moment de payer ma note au restaurant, on me disait qu’un voyageur inconnu partit depuis un moment avait réglé pour moi ? Des bourgeois d’Alep et de Damas aux paysans isolés, tous m’ont ouvert leur porte, m’ont guidé dans leur pays n’hésitant pas à parcourir plusieurs kilomètres pour m’amener au bon endroit. Je pense aussi à ces bédouins prés de Palmyre, à leur incompréhension lorsqu’ils réalisaient que je ne pouvais rester les 3 jours traditionnels de l’accueil bédouin. Je pense à ce mécanicien d’un petit village qui à ré-ouvert son garage et a réparé mon véhicule un jour de congé avec ses 3 mécanos et qui pour tout dédommagement, devant mon insistance pour payer son travail, m’a timidement demandé une cassette de Patricia Kass. Je pense à ce muezzin d’Alep qui me réveillait le matin au son de sa voix douce du haut du minaret de la vieille mosquée et le soir nous régalait de ses chants bien moins religieux dans des soirées où hommes et femmes partageaient une joie de vivre. Je savais déjà que notre hospitalité ne serait jamais à la hauteur de la leur. Quand je vois aujourd’hui comment nous les recevons, j’ai honte et je suis triste.

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