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Sexualité en Tunisie: Entre tabous, galères et idées reçues !

Sexualité en Tunisie: Entre tabous, galères et idées reçues !

 L’intimité reste un sujet tabou au sein de la société Tunisienne, et le fait qu’on soit au 21ème siècle n’a pas changé cela. Dans un environnement où parler de sexe rime avec pudeur et jugement  ,où l’intimité et la soif de liberté sont prohibées, le monde virtuel devient un espace privilégié des relations amoureuses faute de lieux de rencontre. Le fait d’éviter de parler de sexualité accentue l’ignorance, la difficulté de s’informer mais aussi la solitude ressentie face aux “accidents” de la vie sexuelle.

Quand il est impossible d’en discuter, d’en parler autour de soi, que ce soit pour les femmes/ hommes marié(e)s ou les célibataires désirant s’expérimenter, Internet devient la seule source d’information.

  • Le manque d’éducation sexuelle 

On parle rarement de sexualité aux jeunes filles, on débatte plutôt sur la «  morale » de la chose. On parle de virginité, du fait d’avoir ou pas des rapports sexuels avant le mariage, de comment la société voit cela mais jamais de comment doit-on faire face à l’intimité une fois expérimentée. On nous parle pas des relations amoureuses, de l’importance de la sexualité dans un mariage ou de comment agir devant l’intimité.  On se focalise sur la société !

Même pour les hommes, le sexe n’est pas un sujet anodin, que ce soit avec les parents ou les proches le mot d’ordre c’est de ne pas en parler, une histoire de « kdar ».  Même entre amis, frères ou cousins c’est le nombre de conquêtes qui importent mais on ne discute pas des maladies sexuellement transmissibles ou encore de l’importance de l’amour dans ce genre de relation.

  • L’absence d’information sur la contraception 

En Tunisie, la contraception n’est pas un des sujets les plus discutés. On ne parle pas des options possibles, de l’utilisation des préservatifs, pilules et autre méthodes de contraception en tout genre. De plus les préservatifs ne sont disponibles qu’en pharmacie et pour ceux ” qui sont distribués gratuitement par des associations par exemple, quand je les utilise, parfois je suis obligé d’en utiliser quatre à chaque rapport parce qu’ils ne sont pas de très bonne qualité. Une bonne marque, ça coûte trop cher” comme en témoigne Monsieur X.

La Tunisie rencontre 16.000 cas d’avortements par an, selon l’Office National de la Famille et de la Population . À noter que l’avortement en Tunisie est aussi la résultante du manque voir de l’absence d’information sur la contraception, du moins pour les femmes célibataires. ( “42% des mères célibataires ne savaient pas qu’il y avait un moyen de contraception, 41% d’entre elles pensaient ne pas pouvoir tomber enceinte, d’autres disaient qu’elles n’utilisaient pas de moyens contraceptifs par gêne et peur pour leur réputation.”)

  • L’absence d’intimité ou quand s’embrasser devient hors la loi 

Résultat de recherche d'images pour "s'embrasser tunisie"Dans une société, où le simple fait de se tenir la main est mal vu, comment peut-on croire que s’embrasser serait accepté? Les couples tunisiens font face à un sérieux problème d’intimité, surtout les jeunes couples qui n’arrivent pas à trouver une once de liberté. La fille ne peut pas invité son copain chez elle, et le garçon non plus alors que faire ? C’est simple on se cache dans les voitures au bords des plages, ports et autre endroits isolés.

Et si jamais, par malheur,  un policier voit un couple en train de s’embrasser, il va le « rafler » ! « Qu’est-ce que tu fais avec elle ? » « Vous êtes mariés ou pas ? » « Est-ce que ses parents le savent ? » C’est les premières questions que les policiers vont poser comme si l’amour était un crime.

Une interdiction de montrer des signes d’affection qui ne peut que déboucher sur des frustrations, des viols et un harcèlement perpétuel.

  • La virginité 

En Tunisie, l’honneur d’une femme est relié à sa virginité, c’est comme cela depuis des générations comme si l’évolution et la modernisation n’ont pas d’impact sur l’opinion publique. “Le mode de vie en Tunisie semble moderne et ouvert mais la réalité reflète le contraire: notre société et même nos élites se montrent tolérantes vis-à-vis de la virginité en théorie, mais quand elles sont concernées, la virginité devient une condition primordiale pour le mariage”, affirme le sociologue Tarek Belhadj Mohamed. Alors pour ne surtout pas décevoir le poids des traditions, les femmes ont recours à mainte pratiques pour contourner cette virginité tant sacralisée.

© Nour Kaouech

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