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Sidi Mahrez : Le Saint de tous les temps

Sidi Mahrez : Le Saint de tous les temps

Sidi Mahrez, de son vrai nom Cadhi Abou Mohamed Mahrez Ibn Khalaf, fils de Khalef, jurisconsulte d’origine arabe et d’une mère d’origine berbère de noble souche, est né en 951 dans la banlieue de l’Ariana où il commence une paisible carrière de meddeb (précepteur).

Durant sa jeunesse, il fréquente des personnalités pieuses, des savants et des jurisconsultes auprès desquels il acquiert un vaste savoir juridique et théologique qui, conjugué à sa piété et à ses penchants mystiques, lui confère une aura de sagesse et de grande humanité.

Sidi Mahrez quitte ensuite l’Ariana et part s’isoler dans l’agglomération de Carthage avant de s’installer à Tunis, dans le quartier de Bab Souika, dans la maison qui deviendra son mausolée, où il sera inhumé en 1022.

La cité a notamment souffert durant la révolte d’Abu Yazid : son enceinte de briques et d’argile est très endommagée, ses maisons et ses souks pillés. Sidi Mahrez participe alors à la construction de nouveaux remparts autour de la médina et y développe des activités sociales, religieuses et surtout politiques pour combattre le chiisme. Par ailleurs, il pourvoit la cité en nouveaux souks, qui sont affranchis de tout impôt non coranique, et encourage l’artisanat. En signe de reconnaissance, les habitants de la ville lui décernent le titre honorifique de « sultan de la médina ».

Sous sa conduite, Tunis retrouve la paix alors qu’il prend la communauté juive sous sa protection : la tradition veut qu’il lui ait assigné un quartier spécial — la Hara — à proximité de sa demeure, ce qui lui confère une inviolabilité que nul n’aurait osé transgresser, alors qu’elle est auparavant exclue de la cité dès la fermeture des portes et contrainte d’aller passer la nuit dans les environs de Mellassine.

Son activité, son libéralisme et son ascétisme valent à Sidi Mahrez l’estime de ses administrés. De plus, son hérédité prestigieuse, ses égards envers la population, et particulièrement envers la minorité juive, font de lui, après sa mort, le saint patron de Tunis.

Le mausolée érigé à l’emplacement de sa maison reste sanctifié par la population. Il est surmonté d’une construction monumentale à la fin du 18e siècle mais c’est sous le règne de Sadok Bey que le monument acquiert sa physionomie actuelle.

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