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Tabagisme chez les jeunes en Tunisie

Tabagisme chez les jeunes en Tunisie

Khalil dac sa chambre

Environ 20 personnes meurent tous les jours en Tunisie avec des maladies liées au tabagisme, ces gens qui meurent il faut bien les remplacer par d’autres fumeurs. La relève est là, puisque le phénomène des très jeunes fumeurs est devenu chose courante. On les voit devant les collèges et les lycées, cigarette au bec et café à la main droite. Une image presque culturelle en Tunisie, cigarette et café une vraie tradition , presque une activité sociale .

L’âge moyen de la fameuse première cigarette est de 13 ans, expliqué par la transition à l’âge adulte qui se fait sous certains tumultes. Une prof au collège de Raoued raconte :

Plus que la moitié des collégiens fument , filles et garçons, d’une classe sociale très moyenne,  je suis d’ailleurs surprise vu le prix des cigarettes, mes élèves ont entre 12 et 14 ans , ils fument à l’extérieur, je trouve ça malheureux et étonnant que ce soit  permis de vendre des cigarettes à des mineurs. Ils arrivent en classe avec l’odeur de la cigarette , et quand je pose la question ils assument.

Le tabagisme chez les mineurs a deux raisons: l’entourage et la facilité  de se procurer des cigarettes quand on est mineur . Une campagne anti-tabagisme fut lancée dans les collèges un flop total en vue des résultats .

Selon une enquête, annoncée par l’Agence Tunis Afrique Presse , prés de 1/5 des adolescents scolarisés âgés de 13 à 15 ans, notamment des garçons, ont essayé au moins une fois la cigarette. Un adolescent sur 10 déclare être fumeur au moment de l’enquête. 61,3 % ont commencé à fumer à l’âge de 11 ans.

Avec les programmes chargés, les heures de cours, les dizaines de problèmes dont fait face notre système éducatif ont a pas le temps de faire aussi de la prévention au collège, en réalité ça nous dépasse, on ne peut pas non plus en vouloir aux parents, moi aussi mes enfants fument depuis le lycée, au début on refuse, ensuite on se retrouve à leur acheter des cigarettes

Khalil fume depuis qu’il a 14 ans, ça a commencé avec une cigarette, la fameuse première cigarette , aujourd’hui c’est un paquet par jour, il a 16 ans.

J’avais deux amis à moi qui fumaient, je me rappelle que quand on sortait boire un café je me sentais comme un mouton noir parce que justement je ne fumais pas, alors j’ai pris une première cigarette pour les accompagner et bizarrement les rapports sociaux changent tout de suite (rire) ça aide aussi à passer le temps

Les cigarettes de Khalil .

Les cigarettes coûte aujourd’hui très chères, elles ont été  en pénurie en 2015, les prix ont augmenté considérablement, mais la consommation des jeunes continue malgré leur argent de poche dérisoire . D’où l’achat de cigarettes en détails .

C’est devenu normal pour moi de fumer, je ne peux pas commencer ma journée sans cigarette , c’est vrai que des fois je me pose des questions sur ma santé, mais j’arrêterai à un moment , je suis encore jeune… mon père ne doit pas le savoir , mais ma mère elle sait que je fume, sa première réaction a été de me rabâcher le même discours tous les jours, une campagne de sensibilisation vivante , du matin au soir, et maintenant elle a arrêté (rire) elle est fatiguée je pense .

 

22 % des élèves âgés de 13 à 15 ans fument, 4 % de la catégorie d’âge 15 à 17 ans consomment de la drogue, et environ 6 % consomment des boissons alcoolisées. Très tôt ce comportement s’installe, que Khalil parle « de passer le temps » il s’agit là d’ennuie. Dans notre société, l’ennui est considéré  comme un déficit d’activité. Dans la course effrénée de la réalisation individuelle, les enfants ne doivent à aucun prix se trouver confrontés aux sentiments de lassitude, de mélancolie, de vide.  Sont-ils pour autant obligés de se précipiter sur une cigarette ?

H.r

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