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Tahar Haddad : Le père fondateur du féminisme tunisien

Tahar Haddad : Le père fondateur du féminisme tunisien

Pour les défenseurs des droits de la femme en Tunisie, Tahar Haddad tient une place prépondérante. Plusieurs générations de militant(e)s le considèrent comme le cœur et l’esprit à l’origine de l’évolution du statut de la femme et l’inspirateur du Code du Statut Personnel (CSP) en Tunisie.

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Né à El Hamma, Gabès le 4 décembre 1899, Haddad est un intellectuel, syndicaliste et grand militant qui a œuvré pour l’évolution de la société tunisienne et a farouchement lutté en faveur des droits syndicaux des ouvriers, de l’émancipation de la femme tunisienne et de l’indépendance du pays.

Cette grande figure de l’histoire de la Tunisie s’est opposée au courant conservateur du début du 20ème siècle en proposant une lecture moderne de l’Islam, surtout en matière des droits civils et des droits de la femme.

Le jeune Zitounien atypique a été diplômé de la Grande Mosquée en 1920 et décida de s’engager dans la lutte nationale. Adhérant au parti du Destour, il met sa plume et son talent au service de la cause nationale. En 1924, avec le concours d’autres militants destouriens et communistes, dont Mohamed Ali Hammi, il fonda la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens ayant pour but de défendre les droits syndicaux des travailleurs contre le Protectorat français.

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Tahar Haddad est un homme de tous les combats, il s’engagea dans la lutte pour l’émancipation de la femme tunisienne et rejoignit le courant féministe en publiant des articles qui touchent à des sujets sensibles comme le port du voile, la scolarisation des filles, la polygamie etc.

En 1930, il concrétisa ses idées dans le grand ouvrage qui a fait polémique : “Notre femme devant la Sharia et la société”. Le livre qui serait à la base du Code du Statut Personnel a été critiqué et même violemment attaqué par les conservateurs et les Fekihs tels que Mohamed Salah Ben Mrad et Amor Berri Medani. Un conseil supérieur religieux présidé par Cheikh al Islam accusa même Tahar Haddad de sacrilège et le condamna au retrait de son titre universitaire.

Cette compagne virulente de dénigrement obligea Haddad à se retirer de la vie politique et le plaça dans un isolement amer, rejeté même de ses propres amis.

Si Tahar Haddad est mort prématurément à l’âge de 36 ans, en 1935, ses idées sont restées la pierre angulaire des travaux des leaders de l’indépendance tunisienne, et en particulier de ceux de Bourguiba.

Le Code du Statut Personnel, promulgué en 1956, a permis de réaliser une grande partie des aspirations de Tahar El Hadad. La femme tunisienne lui doit beaucoup.

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