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Taher Haddad, le vrai libérateur de la femme tunisienne ?

Taher Haddad, le vrai libérateur de la femme tunisienne ?

Tunis, le 4 décembre 1899, le protectorat français était déjà en Tunisie depuis 1881 et Sadok Bey siégeait à la tête du pays. C’est sous le ciel d’un pays colonisé que verra le jour, Tahar Haddad au sein d’une modeste famille originaire du village d’El Hamma dans le sud du pays, plus précisément à Gabes. Son père est marchand de volailles au marché central.

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On se plait à imaginer Taher Haddad, enfant, observant sa mère, muse de son combat pour les femmes peut-être? et son père modeste marchand de volailles, qui lui, lui inspirera son combat syndical. Il reçoit une formation religieuse traditionnelle, diplômé de la Grande Mosquée en 1920, il refuse d’officier comme témoin- notaire comme le prédisposaient ses études théologiques, qu’il juge trop limitative. A 20 ans il s’engage dans la lutte nationale!

Adhérant au parti du Destour, dès sa fondation, il met sa plume et son talent  au service de la propagande du parti. Mais il quitte vite le parti, agacé par ses inerties internes et débute alors une carrière de journaliste tout en s’engageant dans le mouvement syndical tunisien qui émerge à cette époque. Tahar Haddad est partout: il dénonce les excès du Protectorat, mène une campagne vigoureuse contre la naturalisation, portant la propagande nationaliste dans les centres reculés de la Tunisie. Il fréquente alors différents milieux, aussi bien les conservateurs de la Zitouna que les modernistes de l’Association des anciens élèves du collège Sadiki et de la Khaldounia.

En 1924, il se met en relation avec Mohamed Ali Hammi, fraîchement débarqué d’Allemagne, pour fonder, avec le concours d’autres militants destouriens et communistes, la Confédération générale des travailleurs tunisiens qui attire les foudres du Protectorat. A peine crée, le jeune syndicat est durement frappé par l’inculpation de son principal animateur, Mohamed Ali Hammi, de complot contre la sûreté de l’Etat et sa condamnation au bannissement. Cette dure épreuve  inspire à Haddad son premier livre :  Les travailleurs tunisiens et la naissance du mouvement syndical où il présente un programme pour l’amélioration de la condition des travailleurs.

T.Haddad et la femme tunisienne  :

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L’audace de T. Haddad fut de prouver que  l’évolution de la société tunisienne était liée à l’évolution de la femme tunisienne.  Des propositions innovantes dans son livre le plus connu “Notre femme dans la législation islamique et la société”.

Une oeuvre qui dérange et qui a  fait scandale dans le milieu politique tunisien et auprès des érudits de la grande Mosquée. Un conseil supérieur religieux se réunit pour statuer sur son cas. Considéré comme subversif, le livre de T.Haddad est désigné à la vindicte publique. Son auteur, accusé de sacrilège, est condamné au retrait de son titre universitaire et empêché d’exercer le notariat. La quasi-totalité des journaux tunisiens et même les intellectuels formés dans les universités françaises, tels que Tahar Sfar et Mahmoud Matr condamnent vigoureusement le livre. Habib Bourguiba, lui, se mure dans le silence.

Victime des conservateurs et de ses propres amis politiques, T.Haddad est contraint à l’isolement. Supportant mal son épreuve, il décède à l’âge de 36 ans, le 7 décembre 1935.

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