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Tunisie, Paris, Beyrouth : Solidarité sélective

Tunisie, Paris, Beyrouth : Solidarité sélective

Dans la bourse aux émotions, les victimes du terrorisme n’ont pas la même valeur. Triste constat surtout si l’ennemi est le même, en l’occurrence Daesh.

Une victime du terrorisme à Paris, pèse plus lourd que trente victimes du terrorisme à Beyrouth ou à Baghdad.

Pourquoi? Tout simplement parce que le mode de vie de la personne en question en dépend.

Un européen ou un américain s’identifiera plus à un français qu’à un libanais qui pourtant, lui aussi a été abattu de la même façon lâche et terrible. Les terroristes ont donc bien compris, en ciblant Paris, qu’ils feraient parler d’eux dans tous les médias du monde.

Prenons l’exemple de Beyrouth :  Le 12 novembre 2015, le Liban a connu l’attenant le plus sanglant depuis 20 ans, 45 morts, 240 blessés. Une catastrophe humaine. Pourtant, Madonna ne leur a pas rendu hommage, Zuckerberg n’a pas déclenché l’opération “je suis en sécurité” et les monuments du monde entier ne sont pas illuminés aux couleurs du drapeau du Liban.

Le 13 novembre 2015 : Les mêmes auteurs du crime ont frappé Paris faisant 130 morts et 289 blessés. Je ne vous ferais pas remarquer l’incroyable élan de solidarité et de compassion apparus spontanément sur les réseaux sociaux suite à cette tragédie toute aussi triste.

Même jour : Un jeune berger tunisien a été décapité en Tunisie, toujours par le même ennemi, des terroristes.

La terrible mort de Mabrouk Soltani, le berger tunisien, a suscité une vague d’incompréhension et d’indignation en Tunisie, par les tunisiens. Ce que l’on remarque aussi, c’est que les événements de Beyrouth ont été dissimulés pour ne pas dire oubliés, le temps d’une soirée, par les événements de Paris.

C’est alors que des célébrités comme Angelina Jolie, ont rappelé au monde, via les photos d’un  Liban en larmes et en sang publiés sur réseaux sociaux, que l’ennemi est le même, que la souffrance est la même et que seuls les pays différent.

Une victime française de 23 ans partie voir un concert de Rock à Paris, touchera plus de monde qu’une victime libanaise habitant un quartier Chiite à Beyrouth ou une victime tunisienne habitant la campagne tunisienne. Une vie humaine n’en vaut pourtant pas plus qu’une autre.

La légitime compassion des arabes envers “leurs” victimes et la légitime compassion des occidentaux envers les “leurs”, ne doit faire oublier les autres victimes du terrorisme ailleurs, mortes elles aussi, sans n’avoir rien demandé.

Daesh cherche à nous diviser, à semer la haine entre nous, montrons leur que nous sommes avant tout unis par l’amour de la vie, et unis surtout par notre humanité.

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