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Tunisie, une jeune démocratie livrée à elle-même

Tunisie, une jeune démocratie livrée à elle-même

On le sait tous, le Tunisie souffre économiquement. L’état déplorable des finances publiques est révélateur. Une Tunisie surendettée et affichant une croissance molle ne peut en aucun cas financer des programmes de développement. En même temps, l’économie parallèle qui profite de la déliquescence de l’Etat prolifère et prend des proportions considérables.

Pour faire face à ces défis, pour voir un jour une vraie démocratie s’enraciner et offrir à chaque citoyen la dignité qu’il mérite et pour ne pas sombrer dans le chaos qui la guette, la Tunisie a besoin d’aide, la solidarité est plus que jamais vitale. Cette solidarité doit se manifester économiquement. Les mots, les belles paroles et les promesses ne se comptent plus cependant les gestes concrets et efficaces manquent cruellement.

Si la paix sociale, qui tient à un fil aujourd’hui et qui est mise à rude épreuve ses jours-ci, est définitivement altérée, à quoi ressemblera la Tunisie? A un vaste terrain de jeu pour les mafieux, les contrebandiers et les terroristes? L’Europe toute proche tremblera sans doute à ce moment-là.  Elle sera envahie par l’immigration qu’elle redoute tant et la menace terroriste ne se fera plus attendre. Alors et en dépit de tout cela, comment expliquer le soutien de l’Union européenne et de nos partenaires traditionnels qui demeure frileux et dérisoire? qui demeure largement insuffisant?

Le constat est sans équivoque. La Tunisie est livrée à elle même, ce semblant de soutien ne suffira pas, il est en-deçà des exigences de la conjoncture. Dans une interview accordée récemment à Jeune Afrique, le spécialiste de la sociologie des changements de régime Jérôme Heurtaux qui étudie actuellement les recompositions des élites dans la Tunisie post-révolutionnaire a affirmé:” La Tunisie démocratique est terriblement isolée.”

La France a annoncé vendredi dernier qu’elle a mis en place un plan d’un milliard d’euros étalé sur cinq ans. Le geste amical est à saluer, toutefois et comme l’a souligné le spécialiste des questions internationales d’I-Télé Olivier Ravanello :” On ne sauve pas des pays avec des breloques mais avec des investissements.” Pour lui, il faut un plan Marshall pour la Tunisie qui doit être mis en place par les pays occidentaux car s’il est financé par les Etats du Golfe, leurs conditions iront à contresens de la démocratie que la Tunisie espère établir.

L’avenir de la Tunisie est aussi celui de la Méditerranée et celui de l’Europe. Par conséquent, l’ensemble des pays de la région doivent fournir les efforts nécessaires pour que cet avenir commun soit le meilleur possible et ne soit pas abandonné aux fanatiques, aux mafieux et aux forces du mal en général.

 

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