Now Reading
JCC2015 : Vers la démocratisation du cinéma

JCC2015 : Vers la démocratisation du cinéma

La semaine des JCC vient de s’écouler. Durant ces sept jours, tout le monde en a parlé, tout le monde est allé voir au moins un film si ce n’est deux ou trois, tout le monde a donné son avis et ses impressions sur telle ou telle adaptation. Mais combien de personnes savent réellement ce que représente un tel évènement ? Combien de personnes connaissent la vraie ampleur d’une telle manifestation ? Les JCC ne représentent pas seulement des films à 1dt500 projetés durant toute une semaine et éparpillés un peu partout dans différentes salles de cinéma de la banlieue tunisienne ainsi que dans des maisons de culture.

Les JCC ont été, incontestablement, la plus remarquable des manifestations culturelles que la Tunisie ait connue. D’une part par la diversité des films diffusés ; de l’Italie à l’Ethiopie, du Maroc aux Etats-Unis mais d’autre part par le fait qu’une partie des films ait été diffusée un peu partout, des amphithéâtres des facultés aux salles des prisons tunisiennes. En effet, trois films en compétition ont été projetés dans différentes prisons de la Tunisie à savoir celle de Borj Erroumi, de La Mornaguia, de la Mahdia et la prison des femmes de La Manouba. Parmi les films projetés, a figuré celui qui vient de remporter le Tanit d’or « L’orchestre des aveugles » de Mouhamed Mouftakir. Cette initiative ne peut qu’être saluée. L’équipe des JCC a offert une occasion en or aux prisonniers, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds dans une salle de cinéma, une occasion inouïe de s’exprimer et de s’ouvrir sur le monde entier en étant privés d’une grande partie de leur liberté. Cette initiative a suscité l’intérêt de beaucoup d’associations telles que l’Organisation Mondiale contre la Torture qui a contribué à tisser un lien, ne serait-ce qu’éphémère, entre les détenus et le monde qui les entoure pour ainsi leur permettre de garder espoir et de croire en un avenir meilleur. Ne dit-on pas que « le cinéma est aussi espoir et … dépassement ! »

N’oublions pas aussi qu’au troisième jour des projections des JCC, l’attentat terroriste a sévi dans la capitale et a engendré le décret de non seulement l’état d’urgence mais aussi du couvre feu à partir de 21h. Beaucoup étaient déçus à l’idée que les JCC tant attendues soient annulées en raison de ces tristes évènements, mais non… A notre plus grand étonnement, le directeur de cette 26ème édition, M. Brahim Letaïef, a tenu à maintenir les projections et a de ce fait modifié les horaires afin de s’adapter au couvre feu imposé par la loi. A tout problème une solution.
Beaucoup ont aussi cru que le lendemain de l’attentat, les salles seraient presque vides, mais les cinéphiles ont été au rendez-vous. Ils se sont même rués aux guichets dès 7h30 du matin. L’avenue Habib Bourguiba regorgeait de personnes faisant la queue attendant l’ouverture des guichets pour s’accaparer les premiers tickets.
Semons la paix, cultivons la culture en vue de bâtir un avenir meilleur pour les générations futures !

©Yasmine Kassar.

Facebook Comments


All Rights Reserved © 2020 Wepost Magazine. Made with Love By WEBIWEBI STUDIO.

Scroll To Top